MARINE ANGLAISE
km combat qu'il livra dans les eaux de Tyr à un gros vaisseau
desSarradins.
On fait remonter aussi à la deuxième année du règne de Jean-sans-Terre la fameuse loi citée par Seiden qui ordonnait d'arrêter et de traiter en ennemi tout navire qui n'abaisserait pas son pavillon à la réquisition de l'amiral Anglais ^.
Cependant lorsqu'on voit^ au xvi^ siècle, Henri VIII dans tout réclat de sa puissance, s'adresser encore aux villes de l'Italie et de la ligue hanséatique pour se composer une flotte \ oncomprend aisément ce que devait être, à la fin du xu* siècle, la marine royale d'Angleterre, et quel besoin elle avait de recourir aux contingents fournis par les ports maritimes.
Hais la navigation commerciale des Anglais ne s'est ellemême notablement développée que dans le cours du xiii* siècle. Ce fut alors que se lièrent des relations suivies entre les commerçants Anglais et ceux de la Flandre, qui exportaient en Angleterre, avec les vins de France, les (issus de laine de leurs propres fabriques.
N'est-ce pas cbose remarquable, en effet, que cette île à jamais célèbre, dont les produits manufacturés devaient ensuite inonder l'univers, ait commencé par être, plus peut-être qu'aucun autre pays, tributaire des fabriques et des marines étrangères? En vertu de la « charte marchande » de 1303, les Français, les Espagnols, les Portugais, les Flamands, les Italiens étaient véritablement les maîtres du commerce anglais 3.
^ S^lden, Mare clausum, 1. 2, c. 2G.
* Loirs^e Henri VIII voulut équiper une flotte, il fut obligé de louer des Taiaseanx de Hambourg, de Lubeck, de DantziclL, de Gènes et de Veniée. Mais ÉUsabetb, dès le commencement de son règne, avait mis les choses sur on meilleur pied, en construisant des vaisseaux à ses frais et en encourageant 1*8 commerçants à en construire d'assez gros pour être à l'occasion convertis «n Taisseaux de guerre. (Hume, Histoire (V Angleterre, t. VI, p. 423, 424.)
' Ikms le cours de deux siècles entiers où l'industrie et le commerce faisaient des progrès dans le sud et dans le nord de l'Europe, les Anglais contiiiQèrent de méconnaître les avantages de leur situation, tellement qu'à peine t<Himaient-ils quelques-unes de leurs pensées vers les objets et les moyens auxquels ils doivent aujourd'hui leur richesse et leur pouvoir. Leur commerce était purement passif. Ils recevaient du dehors tous les objets de leurs be-
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Dès le siècle précédent^ les navigateurs de la Baltique s'étaient fait concéder, en Angleterre, des privilèges dont l'importance peut se mesurer par les embarras que suscita plus tard au gouvernement anglais toute tentative qu'il faisait pour secouer le joug de Tailiance hanséatique.
Cependant, vers la fin du xiv* siècle, l'Angleterre, dont l'industrie manufacturière se développait chaque jour, voulut donner aussi l'essor à sa marine marchande, et posa dans ses lois (en 1381 et 1390) le principe sur lequel repose l'acte de navigation, l'une des bases fondamentales de sa puissance maritime. Il fut défendu d'exporter les marchandises anglaises sur d'autres navires que des navires anglais.
Ce principe porta ses fruits, mais lentement. Ce ne fut que dans le cours du xv* siècle que les produits des manufactures britanniques purent se passer de l'intervention des navires étrangers pour se transporter et se placer au dehors.
On vit alors (nous l'avons ditplus haut), l'Angleterre se détacher de la ligue hanséatique, pour renouer en son propre nom dans les mers du Nord les relations dont son commerce avait besoin. Elle se préparait comme la France à figurer bientôt au premier rang parmi les États maritimes.
L'Espagne.
Pendant que le pouvoir royal était aux prises avec la féodalité pour créer, dans les grands États de l'Europe, une force unitaire, il y avait au cœur de l'Espagne un mal encore plus profond et plus difficile à guérir. C'était dans ce pays que les Maures, refoulés de la France par Charles Martel, s'étaient cantonnés comme dans un fort, appuyant leur défense à la fois sur d'inaccessibles montagnes, et sur toutes les ressources de
soins que leur pays ne leur fournissait pas, et les objets de luxe leur étaient apportés par des vaisseaux étrangers. Le pavillon de Saint-Georges flottait rarement au delà des mers étroites qui environnent notre ile. Avant le commencement du XV' siècle, rarement voyait-on un vaisseau anglais dans les ports de l'Espagne ou du Portugal, et ce n'est que vers le milieu du siècle suivant que nos navigateurs se hasardèrent dans la Méditerranée. (Robertson, Histoire d'Amérique, t. III, p. 229.)