‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 132 sur 205 · DÉCLIN DE LA PUISSANCE PORTUGAISE · texte numérisé non relu

DÉCLIN DE LA PUISSANCE PORTUGAISE

fin du XYi« siècle, on s'aperçut qu'un seul échec pouvait abat* tre ce merveilleux édifice.

Ce peuple avait été tant de fois vainqueur sur la terre d' AfriquCy qu'il semblait permis à un de ses rois d'y prétendre encore à quelques conquêtes. Mais depuis qu'il était devenu maître de rinde, le Portugal était moins capable de faire un grand efiforty car il avait à entretenir partout des soldats pour s'assurer l'obéissance des nations tributaires ou conquises.

De là le reproche de téméraire imprudence, auquel dom Sébastien n'a pas échappé malgré sa bravoure, pour avoir hasardé toute la réserve militaire du Portugal dans cette fameuse expédition du Maroc, où les chefs des deux armées ennemies trouvèrent une mort glorieuse, mais où le Portugal perdit, avec son jeune roi, le fruit des victoires de tout un siècle (4 août 1578) ; car affaibli au dedans par un tel désastre, il ne put défendre son indépendance dans la guerre de succession qui s'engagea, deux ans après, à la mort du cardinal-roi dom Henri.

En réduisant Lisbonne à reconnaître la souveraineté de Philippe II (1581), le duc d'AIbe, par cette facile conquête, mit son royal maître en possession de tout ce que la valeur portugaise avait conquis non-seulement dans l'Afrique et dans l'Asie, mais aussi dans ces contrées nouvellement découvertes de l'Amérique, dont nous avons à présent à reprendre Thistoire. Elle nous ramène tout naturellement à celle de l'Espagne.

SECTION m.

^alto principaux relatiff0 k la déeouTerte de0 Inde0 oecldentoH»» (Amérique)) par te0 E0pasii«Ui et à lear0 établi00eiiieiit0 ealo* Blaiix dana ec0 centrées.

§ 1. — Découverte et conquête.

Pendant que le commerce de ilnde, auquel se rattachent de si anciens souvenirs, tombait aux mains clés Portugais, les Espagnols, tournant vers Touest leur ambition et leurs projets,^

abordaient à des contrées dont à peine quelques philosophes avaient soupçonné Texistence, et peuplées d'habitants sans histoire, sans marine et sans commerce, dont la race môme et l'origine étaient un mystère.

La nature seule y avait déployé son luxe et sa magnificence : elle semblait avoir préparé les vastes continents de l'Amérique pour devenir le siège d'un commerce immense; elle lesavait entourés d'une ceinture de ports, de golfes et de baies. Elle avait tempéré, dans les parties méridionales, les ardeurs d'un climat brûlant par d'énormes rideaux de montagnes glacées^ où prenaient naissance des fleuves et des lacs pareils à des mers intérieures et qui semblaient disposés pour abréger les distances par la facilité des voies navigables. D'autre part, une végétation puissante et active, sous la double et salutaire influence des feux du soleil et de l'humidité de la terre, annonçait, par la vigueur de ses productions spontanées, avec quelle abondance elle répondrait aux soins de la culture; et une autre source de richesse, presque inconnue dans notre Europe, les mines d'or et d'argent, ofl'raient le plus souvent à de médiocres profondeurs, et quelquefois étalaient môme à la surface du sol, leurs trésors si enviés.

État de l'Amérique lors de la conquête.

Mais à côté de cette nature belle et forte, la race humaine répandue sur ces continents et sur les îles qui les avoisinent^ était réduite à un état de faiblesse, de dégradation, d'impuissance. Insouciante, inerte, étrangère à tous les arts de la vie, comme à toutes les habitudes de la civilisation, presque incapable de travail par elle-même, et n'ayant pas su appeler la force des animaux à son aide, elle ne connaissait de passion que la vengeance, et ne retrouvait d'énergie que pour la guerre dans laquelle elle déployait ses instincts inhumains et féroces.

Telles du moins apparurent aux premiers navigateurs européens ces tribus sauvages qui peuplaient les îles sur lesquelles le hasard poussa leurs vaisseaux.

Cette fertile Haïti (appelée d'abord Hispaniola), qui devait

Page 1