CHAPITRE IL
^àBUSSKVENTS rORMÉS AUX 1NDE9 ORIBHTALBS PAR d'aUTRBS PEUPLES EUROPiKNS APRÈS l'arRITÉB DES PORTUGAIS.
^StakllMieMeBCs «•IobIaux des HollandaUi mis Indes orientales.
Alliance de la Hollande avec l'Angleterre contre l'Espagne.
C'étaient, en effet, TAngleierre et la Hollande qui désormais «aalUient voir leurs marines se développer et grandir jusqu'à pouvoir revendiquer pour elles seules Tempire de la mer.
Un même intérêt politique, une commune haine religieuse les réunissaient alors contre la maison d'Autriche, dont l'une venait de secouer le joug et dont l'autre redoutait la prééminence,
. Leurs conditions respectives de progrès et de force étaient cependant bien différentes.
L'Angleterre avait pris place, depuis longtemps, au nombre des grands États territoriaux et militaires de l'Europe ; il ne lui restait qu'à élever ses armements maritimes et son industrie au niveau de sa puissance politique et guerrière.
La Hollande^ au contraire, presque sans territoire puisqu'elle s'était fondée comme Venise sur le sol môme de la mer refoulée par des digues, avait à la fois, à faire reconnaître et respecter sa nationalité récente, et à conquérir par d'énergiques et persévérants efforts le rang auquel sa haute renommée 'commerciale et son ardeur à soutenir la cause de la liberté politique et religieuse semblaient lui permettre de prétendre.
Ouvrant ses villes et ses ports^ comme autant de lieux d'asile, aux dissidents des États voisins qui s'expatriaient pour exercer librement leur culte et pour soustraire à des mesures
418 (IV* ÉPOQUE.) LES HOLIANDAIS DANS L*INDB.
violentes de réaclion leurs personnes ou leurs biens y elle trouvait dans ces citoyens nouveaux de précieux éléments d'activité, d'union et de force.
Le caractère calme et réfléchît l'énergie froide et calculée des républicains hollandais s'alliaient merveilleusement à l'esprit d'indépendance et d*opiniàtre fermeté dans leurs opinions nouvelles qu'apportaient avec eux les protestants réfugiés de TAUemagne et delà France.
A une époque où la guerre maritime se faisait principalement par corsaires, la Hollande ne tarda pas à grossir ses flottes de navires montés par de hardis aventuriers qui, la voyant en lutte avec la puissance aux mains de laquelle était alors le commerce des deux Indes, convoitaient comme une riche proie les galions de l'Espagne.
1^ Hollande forme le projet d'enlever à Philippe II, alors maître da Portogal, le commerce de l'Inde.
Pendant que des escadres ainsi formées partaient des îles Britanniques et du Zuydersée pour a courir » sur les flottes de Philippe II et menacer ses frontières maritimes de la Péninsule, le commerce des sept Provinces Unies méditait une vaste entreprise^ dont la réussite devait enlever au monarque espagnol ses plus belles possessions de l'Inde orientale. La Hollande se formerait ainsi un grand établissement colonial, aux dépens de la même dynastie sur laquelle elle venait de conque* rir en Europe son indépendance.
Depuis que Lisbonne était l'unique entrepôt européen des productions asiatiques^ les Hollandais s'étaient faits comme les facteurs et les expéditeurs commerciaux de ces denrées^ pour les transporter sur les marchés des autres nations européennes.
Philippe II, devenu maître de Lisbonne, leur ayant interdit Taccès de ce port, comme à des sujets révoUés (4594), ils avisèrent aux moyens de faire, pour leur propre compte, un d)mmerce dont ils n'avaient recueilli jusques alors qu'indireclement les avantages.