L.\ COMPAGNIE DES INDES
avaient tout à perdre à se diviser^ tout à gagner à se confondre.
L'une des compagnies disposait de plus de capitaux, l'autre Skyaii plus d'appui dans le Parlement ; elles réunirent toutes leurs forces pour donner à la compagnie qui résulta de cette Fusion une direction vigoureuse et hardie.
Ambassade envoyée au Grand-Mogol par la compagnie des Indes. ^ '\
Une de ses premières démarches fut d'envoyer en son propre nom une amhassadc, choisie parmi ses agents, à la cour du Cîrand-Mogol. Après deux ans de séjour h Delhi (1715-1717), John Surman et Edward Stephenson obtinrent un flrman qui» en concédant à la compagnie la possession de divers terri*' • toires, et notamment de Tlle de Diu, près Mazulipatam, y joignait le droit de franchise pour ses marchandises et ses vaisseaux, moyennant le paiement d'une rcdevauçfi. Le Grand- Mogol s'engageait, en outre, à protéger contre le pillage les cargaisons de navires anglais naufragés sur les côtes de son empire.
Depuis ce traité, les opérations de la compagnie allaient s'étendant chaque jour. Devenue par là plus riche et plus puissante^ elle fut en mesure de vaincre plus facilement cette fois les rivalités qui s'élevèrent encore, lorsqu'il fut question du renouvellement de son privilège.
• La compagnie des Indes se développe et s'organise sur de plus larges bases.
On commençait à comprendre, en Angleterre, que ce n'est pas appauvrir l'État que de donner à une puissante compagnie les moyens de s'enrichir par des entreprises qui doivent répandre partout un accroissement de hien-ôtre et d'aisance, et fournir au gouvernement lui-môme des ressources de crédit, en offrant aux capitaux des particuliers cet emploi collectif qui double leur force; que ce n'est pas non plus porter atteinte aux principes de bonne justice et de liberté que d'autoriser exceptionnellement un privilège sans lequel de
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grandes et glorieuses choses, profitables à tous comme à chacun, ne pourraient s'accomplir.
La charte de la compagnie des Indes, qui devait expirer, en 1730, fut prorogée d'ahord de trente-six années, jusqu'en i766; puis, au commencement de la guerre qui éclata, en 4744, entre l'Angleterre et la France, la compagnie ayant fait l'offre d'un prêt d'un million de livres sterling si son pri- \ilé(;e était prolongé de quatorze ans encore^ cette concession lui fut accordée jusqu'en 1780. Pouvant dès lors compter sur un demi-siècle d'avenir, elle s'occupa d'abord d'élever sa constitution à la hauteur de sa fortune^ et de se préparer à la grandeur'du rôle qu'elle allait jouer dans le monde commercial.
GouYernement intérieur de la compagnie des Indes. Forces militaires dont elie dispose. Étendue de ses droits et de ses privilèges.
Pour organiser son gouvernement intérieur, la compagnie sembla prendre modèle sur celui qui fait la force et la gloire du peuple anglais, a L'assemblée des propriétaires n, où l'on ne devait être admis désormais qu'à la charge de justifier de la possession de 500 livres sterling dans le capital de la société^ était comme la source de laquelle émanait tout pouvoir; mais, par une large délégation de leurs droits, les propriétaires nommaient chaque année vingt-quatre « directeurs » qui se partageaient en différents comités pour l'expédition de toutes les affaires. A la tête de ce parlement annuel était le « président de la cour des directeurs » , représentant officiel de la compagnie dans tous ses rapports, soit avec les particuliers, soit avec l'État.
Dans chacune des trois « présidences » (Madras, Bombay, Calcutta), la plénitude du pouvoir appartenait également k un président ou gouverneur, assisté d'un conseil, et n'ayant de compte à rendre de ses actes qu'à la « cour des directeurs », vis-à-vis de laquelle il représentait sa province, où il disposait presque seul de tous les emplois, réunissant aux fonctions d'administrateur suprême celles de commandant en chef des forces militaires de la compagnie.