ÉTABLISSEMENT DE COMPTOIRS
corter ses convois par des escadres de guerre, il promettait des primes tant à l'exportation qu'à l'importation des marchandises qui feraient l'objet de son commerce avec les Indes; et pour inviter les étrangers à y prendre part, la naturalisation leur était assurée comme récompense, dès qu'ils posséderaient nn intérêt de vingt mille livres tournois dans la compagnie.
L'ile de Madagascar avait été choisie pour être le berceau des établissements naissants de la compagnie des Indes, mais, par suite de mesures mal prises, cet essai n'aboutit qu'à un désastre.
Llle de France. — L'ile Bourbon. — Comptoirs sur la côie des Indes.
Cependant, comme si une sorte d'attrait naturel ramenait toute colonie européenne vers les lieux où elle a cherché à s'établir d'abord, deux petites îles voisines de Madagascar sont devenues, plus tard^ des possessions utiles pour la France. L'une, qui avait reçu des Hollandais le nom «d'ile Maurice o, et que nous avions appelée « l'île de France » (1720), parvint, dans le cours du xviii* siècle, à une prospérité dont nous dirons tout à l'heure la cause. L'autre est a l'Ile Bourbon ^ o, que les Portugais appelaient a Masearehnas» : elle nous reste seule maintenant; c'était aussi la première sur laquelle avaient abordé quelques Français, après Tabandon de Madagascar (vers 1670).
Poursuivant sa route vers les Indes, la compagnie créée par Louis XIV commença par établir, sur les côtes de la presqu'île en deçà du Gange, de simples comptoirs dans quelques grandes villes maritimes qui servaient d'entrepôt aux marchandises de l'Europe et de l'Asie. Le port de Surate où les navires du Portugal et de l'Espagne se rencontraient alors avec ceux de la Hollande et de l'Angleterre, fut, depuis 1668^ l'un des centres
1 Elle a repris, sous le régime républicain de 1848, le nom ûHIe de la Béunion que lui avait donné la première « république française » ; mais qui pourrait ne pas regretter avec nous que son « nom historique » ne lui ait pas été resUtué, comme à tant d'autres lieux, sous le gouvernement de VEmpereur ?
438 (iV ÉPOQUE.) LES FRANÇAIS DANS l'iNDE.
-d'opérations de la compagnie française : elle eut aussi des établissennents commerciaux, sur le golfe Persique à Bender- Abassi, sur le golfe du Bengale à Masulipatam^ sur le détroit de la Sonde à Bantam, sur les mers au delà de ce détroit à JSiam (d'où est partie cette célèbre ambassade qui fit, en 1684, l'étonnement de la cour de Versailles) et jusque dans certains marchés de la Cochinchine et du TonkiiK Mais des comptoirs ne sont pas des colonies. Il fallait à la compagnie un port indépendant où elle pût se fortifier, rassembler ses navires, et organiser ses moyens d'action pour se développer ou se défendre. Elle jeta d'abord les yeux sur la baie de Trinquemale dans »rîle de Ceylan, où elle espérait s'établir en vertu d'un traité négocié avec le souverain indien de cette île ; mais les Hollandais, qui prétendaient rester maîtres absolus de Ceylan, firent avorter ce projet.
Fondation de Pondichéry. — Établissement français à Chandemagor.
Une attaque contre la ville portugaise de Saint-Thomas, sur la côte de Coromandel, avait été d'abord couronnée d'un meilleur succès (i67i); mais les Indiens réunis aux Hollandais n'avaient pas permis aux Français de s'y maintenir, et ce fut dans une simple bourgade indienne appelée a Pondichéry )>^ située plus au midi sur la même côte, que la compagnie réussit enfin à fonder une ville française (en 1683). Le gouverneur qui l'avait bâtie fut, dix ans après, obligé de la défendre, et malgré sa courageuse résistance, les Hollandais parvinrent encore à s'en rendre maîtres (1693). Lorsqu'à la paix de Ryswick cette colonie retomba aux mains de la France, elle s'était développée quelque peu : elle continua de prospérer sous la longue et isage administration de François Martin (1697 à 1717), mais sans prendre de ces accroissements rapides qui seuls auraient pu raffermir les affaires chancelantes de la compagnie française.
i) A l'autre extrémité du golfe du Bengale s'échelonnaient près des bouches du Gange et sur un des bras dérivés de ce grand fleuve (la rivière d'Hoogly), des comptoirs appartenant