DUPLEIX ET LÀ BOUBDOMMAIS
aux diverses nations européennes qui s'étaient successivement avancées vers les Indes : Calcutta aux Anglais, Chinchura aux Hollandais, Chandernagor aux Français. Chacun de ces comptoirs était en décadence ou en progrès, suivant que la fortune secondait ou abandonnait, dans ces contrées lointaines, la politique ou les armes de la nation dont il dépendait.
Chandernagor ne fut longtemps qu'une sorte de village. La compagnie française des Indes orientales, par ses malheurs ou par ses fautes, voyait successivement diminuer, dans le Levant, le nombre de ses comptoirs, et dans la métropole Timportance de ses privilèges : elle ne retrouvait, au milieu des calamités publiques, une célébrité malheureuse que par sa fusion passagère avec un système qui marqua, pour la France, le commencement de l'agiotage, cette plaie du commerce, des finances et de l'industrie.
Joseph Dupleix. François Mahé de la Bourdonnais.
Mais, en \1A6, Joseph Dupleix fut nommé directeur du comptoir de Chandernagor. A la même époque, Mahé ^de la Bourdonnais était gouverneur des îles de France et de Bourbon. Leurs deux noms devaient inaugurer pour l'Inde française uife ère de gloire et de prospérité. La durée seule a manqué nux grandes choses que ces noms rappellent, et qui égalent ou surpassent même à quelques égards les célèbres exploits de Fernand Cortès et desPizarre; caries conquérants du Mexique et du Pérou se présentaient avec tous les avantages de la civilisation pour combattre des nations à demi sauvages et frappées de terreur à l'apparition des Européens. Dupleix sut vaincre par ses armes ou subjuguer par sa politique ces fiers Mogols qui avaient eux-mêmes conquis TOrient, et devaiht qui tremblaient avant lui les marchands et souvent même les administrateurs venus d'Europe. Qu'il nous soit permis de relever aussi une autre différence qui est tout à l'honneur de la France. Nous voulons parler de cette réputation de générosité dans la victoire que la Bourdonnais a rapportée intacte dans sa patrie, de cette loyauté scrupuleuse qui l'enchaînait à