‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 16 sur 205 · AVANT-PROPOS. XIX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XIX

prendre une généreuse initiative en faveur d*une cause juste qui semblait perdue, en faveur d'un principe vrai que personne n'osait encore développer et soutenir. Tantôt il s*agira de terminer, au contraire, par une sorte d'assentiment du monde entier, un débat qui durait depuis des siècles. Et remarquons ici comment ces progrès s'enchaînent. Quand on fait passer dans le droit des gens conventionnel la conséquence la plus rapprochée d'un principe vrai, on prépare en même temps l'adoption dételle autre conséquence qui n'était pas moins juste en elle-même, mais qui, se trouvant plus à distance, laissait, entre elle et le principe, un pas intermédiaire à franchir. Ainsi, le respect du pavillon neutre aura conduit à l'abolition de la course; puis, à son tour, l'abolition de la course pourra conduire au respect de la propriété privée, même sur navires ennemis. Mais ce n'est pas par un simple raisonnement de froide logique qu'on peut donner quelque idée de la manière dont ces progrès du droit international seront devenus possibles dans nos sociétés modernes. Il faut ici rapprocher les principes de droit de tous les autres principes dont le développement a produit le dernier état de la civilisation chrétienne. Certains progrès, que nous aurons à observer dans le droit des belligérants, ne seront, en réalité, qu'une suite des changements heureux qui se seront développés dans les relations pacifiques et commerciales des peuples. La mer ne conservera ses franchises en temps de guerre qu'autant que le commerce aura conquis les siennes en temps de paix.

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