MISSIONS DU PARAGUAY
Mais, occupés qu'ils étaient^ au commencement du xyi« siècle, de là conquête de llnde et de ses richesses, ils méprisèrent les solitudes de l'Amérique méridionale; la côte de Porto Seguro ne fut d'abord qu'un lieu d'asile pour les hommes flétris par justice ou pour les Juifs. Cependant, vers 4525, on y fit quelques concessions territoriales à des seigneurs portugais, et lorsqu'au milieu du même siècle, la cour de Lisbonne pensa sérieusement à coloniser ce beau pays, au lieu de soldats, elle y envoya des missionnaires. Pendant que Thomas de Souza fondait (en 1^49], sur la « baie de Tous les Saints », la ville de Bahia (San Salvador), les jésuites^ pénétrant dans l'intérieur des terres, transformaient en peuples civilisés les tribus errantes des Guaranis. Les deux rives du Parana offrirent alors un de ces touchants tableaux dont nous parlions tout à l'heure. Les missionnaires espagnols d'un côté, les missionnaires portugais de l'autre, rivalisèrent de zèle et de charité pour fonder ces républiques chrétiennes, où, suivant l'expression du grand écrivain qui a le mieux compris ce côté moral de l'histoire, les sauvages apprenaient « les avantages « de la vie civile^ sans avoir quitté le désert, et les charmes de « la société, sans avoir perdu ceux de la solitude. x> Mais au moment où nous voudrions oublier la triste influence des passions humaines, il nous faut rappeler la guerre acharnée qu'attira sur le Brésil la haine dont les Hollandais poursuivaient partout le nom et la domination de l'Espagne, alors maltresse de toutes les possessions portugaises.
Entreprises des Hollandais sur le Brésil, pendant quMl était tombé sous la domination espagnole.
Une « compagnie des Indes occidentales » s'était formée dans les Provinces unies (1621), pour tenter, du côté de l'Amérique^ des entreprises semblables à celles qui avaient si vite enrichi la compagnie hollandaise des Indes orientales. Une première attaque contre le Brésil n'avait eu qu'un succès passager; la résistance énergique de l'archevêque de San Salvador avait fait échouer cette fois les armes de la compagnie; mais,
en 1630, Tamiral Henry Lonk se présente devant Pernambouc, avec quarante-six vaisseaux de guerre. Il soumet, en cinq campagnes, le littoral de cette province. Maurice de Nassau, chargé par la compagnie (1637) d'achever une si importante conquête, se voyait déjà maître de tous les pays qui s'étendent de San Salvador à l'Amazone, lorsque, heureusement pour l'avenir du Portugal, la maison de Bragance, rétablie sur le trône de Lisbonne (3 décembre 1640), redevient aussitôt l'alliée de la Hollande et obtient le rappel du général qui allait détacher de sa couronne un si beau fleuron.
Les Hollandes sont expulsés du Brésil par Fernandès de Vieira.
La compagnie hollandaise conserva pourtant les provinces brésiliennes que ses délégués administypaient encore ; mais l'alliance politique des deux États n'avait pu éteindre la haine nationale entre les deux peuples.
Un marchand portugais, Fernandès de Vieira, lève, à l'insu de son gouvernement, l'étendard de la guerre. En vain Jean IV, redoutant le courroux de la Hollande, veut arrêter les armes déjà victorieuses de ce chef entreprenant, qui avait communiqué à tous les Brésiliens sa patriotique ardeur. La guerre se continue malgré les ordres de la cour, et, après neuf ans d'une lutte persistante, les Hollandais, chasséâ pied à pied de tous les établissements qu'ils occupaient, se voient réduits à quitter, par capitulation, le sol du Brésil (28 janvier 16S4).
La paix de 1661 donna la sanction des traités à ce résultat de la valeur portugaise ; la Hollande reçut huit millions pour prix de la cession de tous ses droits à ces contrées où elle avait espéré, non sans raison, fonder la plus riche et la plus vaste de ses colonies d'outre-mer.
Guerres des Portugais avec les Espagnols à remboucbure de la Plata.
Après s'être arrachés par de tels efforts des mains d'un si formidable ennemi, les Portugais du Brésil reprirent contre les Espagnols leurs luttes habituelles de limites et de commerce ou plutôt de contrebande; car c'est chose étrange, et