‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 177 sur 205 · TRAITÉ DE METHUEN · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE METHUEN

se ménageant, au prix môme des concessions les plus dures, de puissans alliés. Ils n'échappèrent à la domination de la maison d'Autriche, que pour tomber sous Tinfluence de la France, et plus tard sous la protection de l'Angleterre.

Nous avons expliqué précédemment comment le système des colonies modernes consistait à établir, entre elles et la métropole, à l'exclusion de tous autres peuples, un échange forcé de produits. Mais pour que la métropole pût tirer avantage de ce système, il fallait d'une part qu'elle fût en mesure de produire tout ce qu'exigeait la consommation des colons, et d'autre part qu'elle consommât par elle-même, ou qu'elle pût répandre au dehors par son commerce, tout ce que ses colonies lui expédiaient de matières premières ou de denrées. Le Portugal n'a su faire ni l'un ni l'autre. Son industrie manufacturière ne suffisait pas aux besoins croissants de ses colonies. Sa population était trop faible pour assurer des consommateurs à leurs produits, et sa marine trop réduite pour voiturer ces produits sur les marchés des pays voisins. L'Angleterre est venue mettre à la disposition de ce peuple ce qu'il n'avait pas, et dont elle-même abonde, des marchandises, des débouchés, des navires de transport. Ce n'est pas tout encore : le Portugal produisait des vins de prix qui faisaient la richesse de son territoire; l'Angleterre proposa de les recevoir à des conditions plus avantageuses qu'aucun autre peuple, pourvu que lesPortugais s'obligeassent en échange à recevoir ses tissus de laine. Tel fut l'objet spécial du traité de 27 décembre 1703 auquel l'habile négociateur Methuen a laissé son nom. Moyennant cet accord, le Portugal a pu conserver ses colonies, sans se mettre en peine de rétablir sa marine, de développer son commerce et son industrie. L^Angleterre pourvoit à tout, mais elle est par là devenue maîtresse du marché portugais dans la péninsule.

Nous dirons plus tard comment, sur la terre d'Amérique, la nation portugaise a vu, de nos jours, s'ouvrir, pour ses destinées, des horizons nouveaux : le Brésil, si longtemps agité par d'étranges révolutions^ semble promettre aux princes de

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la maison de Bragance^ un titre plus glorieux encore que celui de conquérant, le titre de fondateurs d'un grand et paisible empire.

L'Espagne, to Hollaiide, to France et TiUisleterre.

Pendant que la couronne d'Espagne avait réuni le Portugal à ses Ëtats, elle perd la Hollande.

A côté du Portugal, qui manquait d'espace sur son étroit rivage, on pouvait prévoir que la monarchie de Charles Quint trouverait, au contraire, dans l'étendue même de ses possessions continentales, une cause d'affaiblissement prochain.. Assise à la fois sur tous les points de l'Europe et la menaçant partout de nouvelles conquêtes , elle excitait la crainte et l'envie, sans présenter cette force de résistance qu'un vaste empire peut trouver danç la cohésion de ses provinces. Aussi, pendant plusieurs siècles, la politique constante des autres grands États fut-elle d'abaisser cette prépondérance. Dès le règne de Philippe II, et au moment même où le Portugal tombait pour un temps sous la domination de l'Espagne, nous avons vu quelques provinces de la Flandre, secouant le joug espagnol, se former en État indépendant, et s'élever presque aussitôt jusqu'à prendre rang parmi les plus puissantes marines de l'Europe.

Après avoir soutenu la Hollande sous le règne d'Elisabeth, l'Angleterre lui déclare la guerre sous le protectorat de CromweU. .

La première alliance des provinces unies avait été naturellement avec l'Angleterre, qui, s'attachant à cet État nouveau par conformité de religion et d'intérêt, l'avait aidé sous Elisabeth à naître, puis à grandir jusqu'au moment où cette grandeur lui faisant ombrage^ une guerre de rivalité commerciale succéda tout d'un coup, sous Cromwell, à uue alliance d'inclination ^.

1 La seule rivalité de commerce, sans autre motif de jalousie ou de crainte^ avait naturellement produit dans les Anglais une violente animosité contre une république formée si près d'eux. (Hume, sur Tannée 1664, p. 306, t. ix.)

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