‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 184 sur 205 · LA MARINE ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

LA MARINE ESPAGNOLE

mais cette garantie, qu'on leur fit payer chèrement^ ne fut qu'illusoire et passagère. Enfin le gouvernement intérieur de la Hollande avait toujours manqué de cette unité tiui est une des principales conditions de la permanence des États. Il ne faut donc pas s'étonner si, pendant le XYiir siècle, la marine des Provinces-Unies a été en s'affaiblissant comme leur position européenne. Pendant ce temps, au contraire, celle de l'Angleterre prenait de nouvelles forces et parvenait au plus haut degré de puissance. Les Hollandais ont conservé^ avec leur industrieuse activité, l'esprit d'ordre et de commerce qui^ en faisant prospérer des colonies marchandes, produit et consolide les fortunes particulières; mais, dans l'organisation actuelle de l'Europe, cette condition ne suffit plus pour constituer un grand État maritime.

La marine espagnole, affaiblie sous les derniers princes de la maison d'Autriche, se relève sous les princes de la maison de Bourbon.

Jamais l'Espagne n'avait construit et armé plus de vaisseaux que sous le règne de Philippe H; mais ces navires, encore imparfaits, n'auraient pu se comparer à ceux dont on formait sousLouis XIV ces grandes flottes qui se sont livré sur toutes les mers de si rudes combats.

Les autres princes de la maison d'Autriche laissèrent tomber la marine militaire de l'Espagne à tel point qu'elle ne pouvait plus même fournir un nombre suffisant d'escortes pour les galious du nouveau monde, ou de croisières contre les entreprises des contrebandiers et des pirates. En 1656^ l'amiral espagnol qui commandait la a flotte d'argent » fut réduit à faire échouer ses bâtiments sur les côtes de l'Espagne quand le capitaine Stayner l'attaqua avec sept vaisseaux ; le reste de la flotte espagnole du nouveau monde fut brûlé par les Anglais dans la baie de Santa-Gruz. L'année précédente, l'amiral W. Penn s'était emparé de la Jamaïque, et avait failli occuper également Hispaniola, sans qu'aucune force navale se fût présentée pour le combattre. Enfin, pendant la guerre avec Louis XIV, l'Espagne avait subi l'humiliante nécessité d'implorer le secours

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de lâ Hollande pour réduire Messine révoltée. Ce fut en répondant à cet appel que Ruyter livra, près d'Âgosta, contre la flotte de DHquesne, le combat dans lequel il fut mortellement atteint {Î2 mars 1676). Mais quand les victoires de Villars et de Vendôme eurent mis le petit-fils de Louis XIV en possession du trône d'Espagne et décidé l'Europe à ratifier par le traité d'Utrecbt (4713) le testament de Charles d'Autriche, deux faits importants au point de vue, qui nous occupe signalèrent l'établissement de la dynastie française dans la péninsule.

Philippe V s'occupa d'abord de rendre à l'Espagne une marine qui, sans prétendre à reconquérir le premier rang, fût capable de faire respecter dans la Méditerranée comme sur l'Océan les droits de sa couronne. Il avait déjà, en 1718, plus de 50 vaisseaux de guerre, construits sur les chantiers de Cadix, Malaga, Carthagène et Âlicante. Avec ces forces navales, le gouvernement espagnol entreprit de réprimer le commerce interlope sur les côtes de ses colonies d'Amérique. Il fit plus encore, et, pour tarir le mal dans sa source, il tempéra la rigueur du régime colonial par des mesures qui se rapprochaient graduellement de la liberté.

Tempéraments apportés par Philippe Y à la rigueur du régime colonial.

L'ancien appareil de gênes et d'entraves créé par Charles- Quint et Philippe n subsistait toujours ; mais, en demeurant odieux aux colons, ce système avait presque cessé d'être profitable à la métropole. Les galions, annuellement expédiés du port de Cadix, trouvaient le Mexique et le Pérou déjà fournis de marchandises européennes clandestinement introduites par la voie de Buenos-Ayres ou des Antilles, et leur chargement en retour, si riche autrefois de productions américaines, ne se composait presque plus que du « quint » prélevé par le roi d'Espagne sur les mines d'or et d'argent. Philippe V comprit que pour faire cesser le commerce interlope, il fallait développer des communications régulières, d'une part entre l'Europe et les colonies espagnoles du nouveau monde, et.

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