EMPIRE COLONIAL DES ANGLAIS
étaient enrôlés pour le service de ses flottes. L'amiral Anson, par Téclat de ses aventureuses entreprises dans son voyage autour du monde (1740-1744), semblait renouveler les prodiges qui avaient suivi la découverte de TAmérique, et faisait porter à Londres, comme dans un triomphe naval, les richesses entassées sur son vaisseau le Centurion. A son exemple, les capteurs anglais se partageaient les riches dépouilles des galions espagnols et des navires français.
L'empire colonial de TAngleterre devenait prédominant en tout lieu. En Amérique, le vaste ensemble de territoires successivement rattachés à la nouvelle Angleterre laissait bien loin en arrière les établissements espagnols du Mexique et du Pérou. Llnde anglaise, dès ses premiers accroissements, effaçait déjà tout ce qu'avaient fondé dans ces parages la valeur portugaise, la patience hollandaise et les entreprises hardies de quelques Français. Sur la côte méridionale de l'Afrique, l'Angleterre, sans avoir encore conquis les établissements hollandais du Cap, tenait dans ses mains les deux grandes utilités de ce littoral, la traite des noirs et la navigation vers l'Inde. Enfin, par la prise de possession de Gibraltar, elle venait de s'assurer un moyen de dominer le commerce de la Méditerranée, où ses navires s'étaient montrés si tard. D'autre part, la jonction des deux couronnes d'Ecosse et d'Angleterre, définitivement réunies sous la reine Anne (1707), avait accru la force intérieure de ce royaume, en supprimant un germe sans cesse renaissant de discordes civiles. La Grande-Bretagne était donc, à la fin de l'époque dont nous nous occupons ici, la première et presque la seule Puissance maritime dans le monde. Le rôle de la France semblait momentanément amoindri sur les mers : mais, sur le continent, elle concentrait ses forces, ajoutait la Lorraine à son territoire, et par la cohésion de ses anciennes provinces, les préparait à se fondre bientôt dans une puissante unité, d'où devait sortir le rétablissement de son influence.
518 (IV* ÉPOQUE.) HISTOIRE DES MERS d'eUROPE.