‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 191 sur 205 · GUSTAVE WASA · texte numérisé non relu

GUSTAVE WASA

L'union de Calmnr ne peut se maintenir. Gustave Wasa rend à la Suède son indépendance, et lui fait prendre rang parmi le^ puissances maritimes et militaires de l'Europe.

L'union de Calmar, au lieu d'être un gage de paix, était devenue une occasion de réactions et de révoltes qui provoquaient des guerres de plus en plus' cruelles et sanglantes, . lorsque Gustave Wasa entreprit de rétablir l'indépendance de son pays. Il n'avait pas trouvé, comme il est arrivé depuis aux conjurés de Lisbonne^ un peuple tout prêt à courir aux armes : Gustave Wasa, à peine échappé de la prison où il était lui-même détenu comme otage, eut besoin de ranimer par sa propre ardeur celle des paysans et des nobles dont il composa son armée. Il commença par rendre aux Suédois la conscience de leur force, avant d'employer cette force à conquérir pied à pied chacune des provinces occupées par les Danois. La Suède, qui avait semblé lui refuser d'abord jusqu'à un asile, lorsqu'il errait proscrit et solitaire dans les montagnes de la Dalécarlie, finit par le proclamer, non-seulement son libérateur, mais son maître (1527), et lé maître le plus absolu qui fut jamais : il abusa de ce pouvoir pour violenter la conscience de son peuple, en l'entraînant malgréîul dans une révolution religieuse, et en proscrivant l'ancien culte par haine des prélats ambitieux qui avaient voulu retenir leur pays sous le joug de l'étranger.

Avec un gouvernement national et fort, la Suède sortit bientôt de Tobscurité où l'avait retenue jusque-là une situation mal assise. Elle s'était affranchie à la fois de la domination du Danemark et de la dépendance dé la ligue hanséatique. C'était désormais avec les plus grands États de TEurope qu'elle allait avoir ses relations et ses alliances. François P' s'empressa de rechercher l'amitié du roi Gustave, et conclut avec lui une ligue offensive et défensive contre l'empereur Charles Quint, dont le roi de Danemark (Christian II) avait épousé la sœur. Chacun des deux rois confédérés s'engageait à fournir à l'autre, en cas de guerrre, jusqu'à 25,000 soldats et 50 vaisseaux;

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car la Suède était en mesure de tenir sa place dans le monde comme puissance maritime et militaire. Mais, sans négliger la navigation et le commerce^ elle a montré plus d'aptitude et de goût pour les armes et les conquêtes. Deux de ses rois surtout (Gustave Adolphe et Charles XII) ont illustré à jamais leur nom et leur pays par des exploits guerriers qui égalent ceux des plus grands capitaines des temps passés : mais parmi les hauts faits de Gustave Adolphe, nous n'avons à mentionner ici que les conquêtes qui ont agrandi la puissance maritime de ses États héréditaires.

Conquêtes maritimes de la Suède sous Gustave-Adolphe.

La Suède, qui, de sa presqu'île Scandinave, dominait un des côtés de la mer Baltique, et entourait de ses possessions le golfe de Botnie, tendait naturellement à s'étendre sur les autres rivages de cette mer, et notamment à s'emparer des golfes de Finlande et de Livonie, pour s'assurer le double avantage d'une position à la fois continentale et insulaire. Il y avait, entre elle et les autres peuples du Nord étahlis depuis longtemps sur ces rivages, une guerre sans cesse renaissante, comme celle que les Anglais firent pendant cent ans à la France pour conserver leur part des côtes occidentales du continent. Gustave Adolphe réunit à sa couronne la Livonie, et rendit ainsi la Suède prépondérante dans la partie septentrionale de la mer Baltique.

En même temps, il poursuivait d'autres conquêtes sur les côtes qui se rapprochent du Danemark, et s'emparait des villes principales de la Poméranie et du Mecklembourg.

Nous n'avons pas à compléter ici le récit de ses exploits^ quand, faisant pénétrer ses armées au cœur de l'Allemagne, et se mettant à la tête des princes luthériens, il abaisse la puissance de la maison d'Autriche, et trouve à Lutzen la mort au milieu de la victoire (16 novembre 1632).

Suite des guerres entre la Suède et le Danemark. La séparation de la Suède d'avec le Danemark avait mis

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