ÉTATS DU NORD
fin aux guerres civiles entre ces deux peuples; mais ils avaient bientôt repris les armes pour le règlement de leurs frontières. Les Danois avaient conservé d'abord, sur la presqu'île Scandinave, non-seulement la Norwége, mais la Scanie. Cette dernière province fut réunie à la Suède par Charles Gustave, dont le nom rappelle la célèbre bataille de Varsovie et l'une des grandes luttes qui marquèrent le déclin de la Pologne (1656).
Quant aux guerres de rivalité entre le Danemark et la Suède, elles ne forment plus qu'un épisode de peu d'intérêt dans l'histoire maritime du monde. C'est sur un autre ordre de faits que la lutte entre le czar Pierre et Charles XII va maintenant fixer nos regards.
SECTION m.
I4i BoMle et la rrumue.
Nous avons dit comment, depuis la fin du xv* siècle, tous les ' intérêts maritimes des peuples de l'Europe s'étaient portés du côté de l'océan Atlantique.
Dans cet entraînement universel vers l'occident, on paraissait avoir oublié que, du côté du nord, le continent européen confinait à l'Asie et se trouvait baigné par la mer Blanche, d'où l'on pouvait communiquer avec le grand Océan par le détroit auquel Behring devait donner son nom.
Ainsi donc, après avoir découvert l'Amérique et llnde, il restait en quelque sorte à découvrir l'Europe elle-même dans ses contrées septentrionales, presque aussi vastes et presque aussi variées que certaines parties du continent américain, quant à leurs climats, quant à leurs populations^ quant à leurs produits.
On se rappelait seulement que l'Europe occidentale avait été autrefois envahie et repeuplée par les ancêtres de ces peuples, et peut-être le souvenir même de la barbarie qu'ils nous avaient apportée avec eux dans les premiers siècles de notre ère, éloignait-il la pensée que la civilisation pût pénétrer à son tour
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dans les steppes, dans les montagnes, dans les terres coupées par des fleuves immenses, d'où étaient sortis les Gimbres, les Goths, les Huns, les Gètes, les Sarmates.
Et, en effets pendant mille ans et plus^ ces contrées du Nord sont demeurées en dehors de tous les intérêts, de tous les calculs, de tous les rapports politiques ou sociaux de l'Europe moderne; quelques relations commerciales seulement s'y étaient conservées par le Danube et la mer Noire.
Comment la civilisation et le commerce se sont étendus ^ea rivages de Tltalie à ceux de la mer Baltique.
C'était du côté de lltalie qu'avait commencé la civilisation des barbares répandus sur l'empire romain. Puis le mouvement commercial et maritime, parti du golfe Adriatique et des rivages de Naples et de la Toscane, avait gagné de proche en proche ceux de la France, de l'Espagne, de l'Angleterre et de la Flandre. La confédération des villes hanséâtiques avait marqué le premier progrès vers le nord; les royaumes Scandinaves, si voisins de la Hollande et de l'Ecosse, avaient été en ' quelque sorte conquis au commerce par cette ligue puissante qui, en les enlaçant par des traités, les avait fait entrer presque malgré eux dans la sphère des intérêts européens.
Ce mouvement les porta d'abord vers l'occident, car l'Europe occidentale fut, pendant l'époque dont nous achevons ici le tableau, le foyer où se concentraient les lumières, la civilisation, la puissance.
Nous venons d'y voir groupés l'un contre l'autre les quatre ou cinq grands États maritimes qui ont découvert et colonisé l'Amérique et l'Inde, et qui, sur leurs propres rivages, se sont disputé, au xvii* siècle, avec tant de vigueur l'empire maritime et commercial du monde.
De ces luttes prolongées, deux États maritimes étaient sortis avec une tendance manifeste à grandir encore en force et en influence : la France sur le continent européen, et la puissance anglaise sur les mers. Toutes les forces vives de la chrétienté semblaient se partager entre ces deux États et l'Empire, dont