AVANT-PROPOS. V
traités, celui des serments, la fidélité dans les alliances, avaient fait leur temps et devaient céder la place à des principes nouveaux, qui, apparemment, au lieu de résister aux entraînements des passions, y prendraient leur point d'appui, mobile, violent, capricieux comme elles.
Le moment, sans doute, est opportun et solennel pour jeter un regard rétrospectif sur les origines et sur Thistoire du droit des gens qui a servi de base à la grande confédération des États chrétiens, pour montrer comment les progrès de ce droit avaient devancé ou suivi le développement de la civilisation et radoucissement des mœurs; grâce à quels principes les relations internationales étaient moins qu'autrefois à la merci des passions haineuses ou cupides; les guerres tendaient à devenir plus rares et moins violentes, les alliances plus stables et moins soupçonneuses : quels étaient, en un mot, les résultats déjà obtenus par une paix européenne de quarante années, quels étaient ceux que Ton pouvait espérer encore.
Des questions aussi graves étaient dignes assurément d'être proposées, comme sujet de concoure, par l'Académie à laquelle appartient parmi nous la direction des hautes études « morales et politiques » : mais le sujet a semblé trop vaste pour pouvoir être à la fois embrassé tout entier. Dans un premier concours, ouvert en 1836, prorogé jusqu'en 1840, l'histoire des progrès du droit des gens avait été limitée quant à l'époque dont les concurrents avaient à s'occuper. C'était seulement à partir de la paix de Westphalie qu'ils devaient présenter