VI AVANT-PROPOS
l'exposé des progrès de ce droit. Dans e concours plus récemment ouvert (1854-1862), ce n'est plus sur le point de départ, mais sur le sujet lui-même qu*a porté la limite posée par l'Académie. Elle a voulu que la partie du droit des gens dont l'intérêt est le plus actuel, dont la théorie est la plus logique et la plus simple, dont l'influence sur les affaires du monde se fait le mieux sentir dans notre siècle, le droit international de la mer, fût traitée à part ; et, livrant cette fois aux recherches des concurrents les champs du passé et presque ceux de l'avenir, elle leur a demandé « une appré- « dation raisonnée de l'histoire et des progrès du droit « maritime depuis son origine jusqu'à nos jours. » Cette manière plus large de poser la question nous invitait à développer librement notre pensée *.
Toute moderne que soit la science du droit des gens, elle a son fondement dans la loi naturelle, que Dieu luimême a gravée dans le cœur de l'homme en le créant à son image. Avant qu'on eût donné à cette science sa forme et son nom, elle existait déjà dans son double principe, qui est la justice et l'humanité : sous ce rapport, son origine se confond avec celle de tout droit parmi les hommes. Partout oh a fleuri le culte de la justice et des lois, partout où, dans les rapports de peuple à peuple, se sont produits des actes publics de
* M. Wheaton, après avoir écrit, pour le concours de 1836- 1840, son Histoire des progrès du droit des gens depuis la paix de Westphalie jusqu'à nos jours, a reconnu ruliiité de faire précéder cette histoire d'une Introduction sur les progrès antérieurs du droit des gens, ^