‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 36 sur 205 · DIVISION · texte numérisé non relu

DIVISION

EN CINQ ÉPOQUES fflSTORIQUES

COfilESPOKDilNT AUX PBOGRÈS DE LA CIYILISiTIOIN , DU COMMEBCE ET DU DROIT HÂBITIME INTEaNATIOx>AL.

§ I. — Ordre successif dans lequel les différentes sortes de droit ont pris naissance.

Comme il est dans l'ordre naturel des choses que Texistence des familles ait précédé la formation des États, Thistoire nous montre aussi le a droit privé b prenant naissance avant le « droit public», et surtout avant le droit international ou « droit des gens ». Dès qu'il y eut une autorité dans le monde, et celle du père de famille fut^ sans contredit^ la première, il y eut un commencement de droit civil ; car il y eut un moyen de terminer les différends par voie de justice. Dès qu'il y eut un souveraJQ, il y eut un commencement de droit public, car ce souverain donna des ordres, et ces ordres devinrent des lois. Mais, entre nations indépendantes qui ne reconnaissent ni autorité ni loi commune, ce n'est pas avec cette simplicité que peut se constituer un droit quelconque. Nulle volonté ne saurait l'imposer : il faut qu'il sorte peu à peu d'une suite de rapports mutuels, qui auront commencé par des luttes, avant d'en venir aux transactions et aux accommodements, seuls capables de créer un droit international régulier. Lorsque deux tribus sauvages se rencontrent dans un désert, l'unique droit dont elles aient instinctivement la conscience, est le droit de guerre, c'est-à-dire, à leurs yeux, le droit de la force et de la violence. S'il en fut de môme à l'origine de tous les peuples,

on n'a dû parvenir que bien lentement à formuler les droits de la paix, plus lentement^ encore, à découvrir les droits qui règlent et ramènent dans de justes bornes la guerre elle-même. Il semble que pour produire le droit des gens tel que nous le comprenons aujourd'hui, la civilisation ancienne ait été im* puissante : car une longue suite de siècles, marqués par tant d'événements divers qui ont plusieurs fois changé la face du monde, n'avaient avancé que bien peu cette science^ et les faibles lueurs qu'elle avait jetées çà et là ont été, comme toutes les autres lumières de la science antique, étouffées et presque éteintes, pendant plusieurs siècles, sous les ruines de la Grèce et de Rome. Ce n'est qu'au réveil de la civilisation que l'Europe, devenue chrétienne, trouva dans la raison corn-' piétée par l'Évangile, ces principes généreux et vrais qui servent de base aux relations des peuples modernes : ce sont eux qui^ en adoucissant les mœurs, en les imprégnant,, malgré leur rudesse, de l'esprit chrétien, devaient, peu à peu, faire sortir un droit régénéré de ce grand travail de l'huma* nité rajeunie par le mélange d'un sang nouveau, en même temps que réformée par les préceptes d'une morale pure et sublime.

On voit par là quelle est la première division qui s'offre à nous.

§ 2. — Première division historique. — Les temps antiques; les temps modernes.

Deux périodes très-inégales, et dont l'importance au point de vue qui nous occupe est en raison inverse de leur durée, se partagent l'histoire du droit maritime.

L'une embrasse tous les âges de l'histoire ancienne. Elle comprend la série des Empires qui se sont succédé dans le monde jusqu'à la domination romaine, et l'histoire tout entière de cette puissance, dans laquelle s'était absorbée la force vitale de la civilisation antique et avec laquelle cette civilisation elle-même a succombé. Mais, pour nous servir d'une comparaison empruntée à notre sujet, nous ne retrouverons, & la

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