‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 37 sur 205 · TEMPS ANTIQUES. TEMPS MODERNES · texte numérisé non relu

TEMPS ANTIQUES. TEMPS MODERNES

suite de ce grand naufrage, que cpielques débris du droit maritime flottant & Ta'venture sur l'océan des âges. Encore ces éléments épars et souvent confus n'ont-ils été recueillis, étu*- (liés, remis en lumière que par les maîtres de la science moderne du droit des gens, et moins à titre d'origines véritables de ce droit, que comme objet de curieuse étude pour reconnaître par quels points la civilisation moderne se relie à celle des temps passés. Nous y verrons le « droit privé maritime » découler naturellement des rapports commerciaux qui se sont établis, dès l'origine, entre des peuples situés sur différents rivages, tandis que la science du a droit international » restait en arrière et ne savait encore, ni tirer des faits leurs conséquences doctrinales, ni poser un seul de ces grands principes qui traversent les siècles et rallient les suffrages du genre humain.

Uautre période, plus restreinte quant à sa durée, mais bien plus fertile en résultats, nous montrera le droit maritime renaissant aussitôt que reparaissent quelque part la navigation et le commerce, et présentant cette fois des conditions toutes nouvelles de généralité^ de force et de vie, bien que ses premiers développements aient été» comme ceux de toutes choses, lents et graduels. Mais des événements aussi prodigieux qu'inattendus devaient lui ouvrir des voies inconnues à l'antiquité, et lui imposer une t&che que, cette fois, il ne serait plus insuffisant à remplir, car. il marcherait appuyé sur les vérités divines qui sont la source de toute morale et de toute civilisation parmi les peuples. Quel pinceau pourra jamais peindre dignement le tableau dont nous n'aurons à présenter ici que (joelques traits^ en arrivant à cette époque si mémorable non-seulement dans l'histoire du droit, mais dans celle du inonde?

Autant les limites de la navigation maritime sont reculées par la découverte de l'Amérique et celle du cap de Bonne- Espérance, autant les principes du droit des gens seront bientôt élargis par l'esprit de liberté chrétienne, succédant, dans la politique comme dans le droit, à l'esprit exclusif et dominateur de l'ancienne Rome. Aussi l'impulsion donnée par ces

événements inouïs ne se borne-t-elie pas au droit privé maritime, dont les bases se raffermissent : la discussion, si nécessaire pour éprouver les doctrines lorsqu'elle ne les fonde pas, ose enfin aborder les questions vitales du droit des gens, qui étaient restées pendant tant de siècles inaperçues ou dédaignées. La passion, le préjugé, l'intérêt viendront trop souvent se mêler à la lutte, et s'efforceront de transporter ces questions, du terrain des principes, sur celui des faits. Mais peu à peu la vérité se fera jour. Tantôt elle soulève un coin du voile qui la dérobait elle-même aux regards ; tantôt elle fait rentrer dans l'ombre une erreur qui n'osera plus reparaître; tantôt elle oblige l'opinion à proclamer l'évidence d'un principe; tantôt, elle obtient que le fait se mette enfin d'accord avec le droit. A mesure que les rapports se multiplient entre les peuples, et que la grande famille chrétienne se développe et s'étend dans l'univers, on se rapproche de toutes parts; on apprend à se mieux connaître ; on s'aperçoit que bien des intérêts , qui semblaient contraires, se tiennent et se lient l'un à l'autre ; que d'ailleurs les chances de la guerre sont incertaines , et qu'il y a plus d'avantage à se concerter qu'à se combattre. La politique de l'isolement, qui était celle de la domination et de la conquête, est vaincue par la politique de l'équilibre, dont le principe est la modération et la paix. L'état de neutralité se régularise et produit des droits par lesquels la paix se fait une place jusque dans la guerre, et protège encore le commerce au milieu des armes.

Pour s'en tenir à ce premier aperçu, il suffirait de partager l'histoire du droit international maritime en deux grandes époques, dont la première serait l'époque antique ou païenne^ et la seconde l'époque moderne ou chrétienne. Mais cette division ne saurait nous suffire pour répondre à Pobjet spécial dé ce travail, qui est de marquer, par des phases successives^ les progrès du droit dont nous avons à esquisser l'histoire.

Il est vrai que, pour ce qui touche au droit maritime de l'antiquité, la force des choses nous oblige à resserrer en une seule époque cet exposé de droit et d'histoire, qui doit cependant

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