SUBDIVISION DES TEMPS MODERNES
s'étendre à tant de siècles et à tant de peuples divers. C'est à peine si, avec le peu de documents qui nous restent sur les temps anciens, nous pourrons ébaucher un tableau d'ensemble offrant quelques notions certaines sur les principales matières deceyaste sujet.
Mais Tautre période historique, celle qui comprend les temps modernes, nous offre^ au contraire^ une abondance de matériaux et de faits qui nous avertit de suivre une marche différente. Depuis que l'imprimerie a trouvé le moyen de rendre impérissables les monuments une fois confiés à sa garde, on a conservé tout ce qui survivait alors des âges antérieurs, et a?ec les progrès croissants de la civilisation, les documents nouveaux se sont multipliés de toutes parts. Le droit international a eu, comme le droit privé, ses précédents, sa jurisprudence, ses usages, j'ai presque dit ses lois ; et de savants commentaires n'ont pas manqué aux textes précieux dont l'histoire diplomatique des temps modernes est remplie.
Partager cette grande période en plusieurs époques distinctes ^itdonc une nécessité de notre sujet. U convenait de les choisir assez larges pour que les progrès de la civilisation et du droit maritime y fussent marqués par des caractères reconnaissables, et pas assez nombreuses pour retarder, par des temps d'arrêt inutiles, un exposé dont la marche doit être rapide si nous voulons que le lecteur en saisisse l'unité.
§ 3. — SubdiYisioa en cinq époques.
C'est ainsi que nous avons été conduit à diviser cette étude sur l'histoire des progrès de la marine et du droit international maritime en cinq époques, qui comprendront :
«La première », depuis le commencement des temps his- ^nqoes, jusqu'aux invasions des barbares qui ont amené la chute de l'Empire romain d'Occident ;
« La seconde », depuis les invasions des barbares, jusqu'aux croisades (1096);
«La troisième «, depuis les croisades, jusqu'à la découverte ^^ nouveau monde (1492) ;
a La quatrième b, depuis la découverte du nouveau monde, jusqu'à la guerre de Tindépendance américaine (1776);
a La cinquième », depuis la guerre de Tindépendanca américaine jusqu'à nos jours.
Notre travail, sur chacune de ces époques, se composera de deux parties :
Un résumé d'histoire, et un exposé de droit maritime.
Le lien intime qui rattache les progrès du droit à l'histoire n'a échappé à aucun de ceux qui ont fait de ces progrès l'objet ^ leur étude. Mais il y a deuxécueils qu'il faut éviter: l'un est de trop séparer ces éléments, de nature connexe mais diverse, l'autre de trop les unir. Gentilis, qui, le premier, a tracé les grandes lignes de la science du droit des gens, reprochait aux scolastiques d'avoir approfondi la théorie doctrinale du droit sans s'occuper en rien des faits ; il reprochait en même temps à Jean Bodin de n'avoir fait en quelque sorte qu'un cours d'histoire à propos du droit des gens K On nous permettra d'essayer, à l'exemple d'un de nos maîtres ^ s'il ne serait pas possible de tout concilier, en faisant au droit, et à rhistoire, leurpart distincte par époques, de manière à grouper d'abord quelques faits, et à présenter ensuite un résumé des progrès du. droit pendant la période qu'auropt jalonnée ces faits. Cette méthode, b&tons-nous de le dire, ne nous aurait pas paru la meilleure, si nous avions à entrer dans les détails, soit du droit, soit des faits : mais n'ayant à mettre sous les yeux du lecteur que des tableaux d'ensemble, nous ne craignons pas que son attention fixée, tour à tour, sur quelques résumés d'histoire, puis sur quelques exposés de droit, soit distraite par le récit des événements jusqu'à oublier l'enchaînement des principes, ou par l'analyse du droit jusqu'à perdre de vue la suite des faits. Nous avons même Tespoir que notre double étude pourra y gagner en intérêt, si nous parvenons, dans nos résu^*
^ Peccârunt antiquiores interprètes quôd solam civilis jarU disceptationem bùc induxerunt : peccârunt et istl recentiores qui nudam historiarum recitationem attulere. (Âlbericus Gentilis. De Jure belli, lib. l,c. 1.)
* Voir V Histoire du droit romain, par M. Ch. Giraud.