‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 43 sur 205 · COLONIES MARITIMES DES ANCIENS PEUPLES · texte numérisé non relu

COLONIES MARITIMES DES ANCIENS PEUPLES

CmUmîem maritimes des Esyptleas et des PhéBlcIeiM.

Slrabon, qui nous a laissé de si précieux documents sur la géographie des anciens, dit quelque part, en parlant des exp^^ (litions maritimes accomplies par les peuples de Tantiquitéi que les plus lointaines furent précisément celles qui remontent aux temps les plus reculés *. Sans prendre pour rigoureusement vraie cette assertion qui pafaît étrange, comment ne serait-on pas frappé d'admiration quand on considère la grandeur des entreprises tentées et des résultats obtenus par les navigateurs de TÉgypte et de la Phénicie, dans des siècles où Ton croirait que l'art maritime devait être encore dans sa première enfance. Sous la conduite de Cécrops et de Danaûs, les premières colonies égyptiennes jettent dans la Grèce les fondements des royaumes d'Athènes et d'Argos. Quant aux flolles phéniciennes, non-seulement elles sillonnent la Méditerranée tout entière, reconnaissent toutes ses îles, abordent sur tous ses rivages, et, franchissantrHellespont et le Bosphore, explorent les profondeurs du Pont-Euxin : c'est par delà les Colonnes d'Hercule que ces antiques explorateurs des mers voDl fonder l'importante colonie de Gadès (Cadix), qui semble ia première arrhe de cette prise de possession de l'Océan, à laquelle les destinées du monde moderne étaient attachées. On ne peut douter qu'une fois établis dans ces parages, les Phéniciens n'aient prolongé leurs expéditions vers la droite, autour de la péninsule ibérique, et n'aient eu connaissance

Oùx àv âxv^oot Tt; eiiretv, àç ol irocXatci p.axpcTÉpa; é^ou; çavcOvTat xal **^» t^v xal xarà ôocXatTav TeXsaavTtç tûv {Jarepov, et i^ii irpeas^eiv tcTç Xe- 7*|«vwç» ciGv Âtovuffo; xal ÈpoxX^; xal aÙTÔ; é îàaûv : en ^'oi uirb tcu iroiu- TwXe^utvoi, Ô^uffaw; xal MevaXao;. (Stfabon, p. 48 de l'édition de 1620.)

(les rivages de la Gaule occidentale et des îles Britanniques^ peut-être môme de la Baltique et de ses golfes; tandis que, dans les contrées de l'Orient^ leurs vaisseaux se partageaient, avec ceux de TÉgypte, et pendant un temps avec ceux de la Judée, la navigation du golfe Arabique, et parcouraient la mer Erythrée pour arriver au golfe Persique.

L'esprit d'entreprise et d'aventure qui caractérisait ces hardis navigateurs ne les a-t-il pas poussés plus loin encore, et, trouvant par instinct la solution d'un de ces grands problèmes qui devaient arrêter pendant tant de siècles l'essor de l'humanité, n'ont-ils pas, d'un côté, poussé leurs expéditions jusqu'à la mer de l'Inde, et reconnu quelques-unes de ses îles? n'ont-ils pas, de l'autre, accompli des voyages de circumnavigation autour de l'Afrique? Ce sont là des questions que les documents qui nous restent permettent de débattre plutôt que de résoudre; et d'ailleurs, suivant la remarque de Montesquieu, de telles expéditions auraient pu réussir comme voyages hardis de découverte, sans qu'il en résultât de conséquences pratiques pour la navigation ordinaire. Mais si nous voulons rentrer dans les limites du monde connu des anciens, ne suffit-il pas, pour apprécier à quel degré de force et de puissance maritime était parvenue la Phénicie, de se rappeler qu'elle a produit la Grèce et Carthage?

C«l«Bicfl mJMrIttmefl des Carlhafflnois.

Ce serait une étude curieuse que de suivre, dans leur filiation et leur croissance, les colonies maritimes qui ont porté successivement sur les rivages de l'Afrique, de l'Europe et de l'Asie, avec la population surabondante de TOrient, sa civilisation, ses croyances et ses arts. Nous y verrions ces émigrations successives se modifier suivant l'influence des climats dans lesquels elles se fixèrent, et celle des institutions qu'elles reçurent de leurs premiers législateurs. En même temps, nous pourrions reconnaître, dans les deux principales branches de

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