‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 52 sur 205 · SOURCES DU DROIT MARITIME DANS L* ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

SOURCES DU DROIT MARITIME DANS L* ANTIQUITÉ

Lorsqu'on parle des origines du droit, c'est vers là-Grèce et Rome que se reporte naturellement la pensée. C'est parla philosophie des Grecs qu'a commencé le mouvement de la civilisation païenne^ et les lois de la Crète, de Sparte, d'Athènes, ont été fort admirées de l'antiquité. Mais plusieurs de ces lois, qui plaçaient les vertus politiques avant les vertus morales, ne convenaient, comme le remarque Montesquieu*, qu'à de petits États «où l'on pouvait élever tout un peuple comme une famille », et dans l'art de faire des lois capables de régir de grands peuples , c'est-à-dire fondées sur les besoins et sur la morale universelle du genre humain, les jurisconsultes de Rome ont assurément dépassé leurs maîtres.

Il est cependant un point où Rome elle-même a paru céder le pas à la Grèce. C'est en ce qui concerne le «droit maritime».

On sait avec quel mépris le peuple qui aspirait depuis son origine à conquérir et à dominer le monde, a toujours traité les opérations mercantiles. Bien que les philosophes grecs aient affecté dans leurs livres le môme dédain pour la profession de marchand, ces abstractions théoriques n'empêchaient pas que, dans la plupart des parts de la Grèce continentale et de ses îles, la pratique du commerce ne fût en honneur, et n'attirât surtout vers les spéculations maritimes l'industrieuse activité de ces populations si intelligentes et si habiles.

Aussi voyons-nous sortir de la Grèce les plus anciennes notions du droit maritime que l'histoire nous ait transmises sous une forme arrêtée ; et dans la Grèce, nous savons, grâce à Démosthènes, que son illustre patrie serait digne aussi d'être

» Esprit des lois, liv. 4, c, 7.

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