‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 6 sur 205 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

ne puisse former sérieusement le projet d'assujettir à sa domination tous les autres. Il y aurait trop de frontières à renverser, trop d'intérêts coalisés à combattre. Mais la mer étant restée dans Tétat de nature, comme « un bien sans maître» , la pensée d'y régner sans partage peut venir au. peuple qui se sent le plus fort par sa marine, le plus puissant par ses alliances, le plus riche par son commerce. Il faudrait que ce peuple fût bien sage pour ne pas se laisser prendre à l'ambition de saisir ce sceptre qui semble toujours vacant parce qu'il ne doit jamais être occupé ; et comme on ne peut essayer de s'en emparer sans faire violence au droit naturel, la puissance qui afifecte l'empire des mers sera conduite par l'intérêt à seTorger un droit des gens favorable à ses * prétentions, et, par suite, contraire aux principes d'indépendance mutuelle, de modération, d'équité, dont se compose le droit des gens de la nature. L'autre raison pour laquelle la lutte que je pourrais appeler du bien et du mal, est plus apparente et plus tranchée dans le droit des gens maritime que dans le droit des gens continental, c'est que, pour cette dernière partie du droit international, le progrès dû à la civilisation chrétienne a commencé beaucoup plus tôt et n'a pas rencontré certains obstacles dont nous parlerons ailleurs, en sorte que les questions fondamentales de ce droit sont déjà, pour la plupart, résolues dans le sens de la justice et de l'humanité. Celles qui restent à résoudre ne se rapportent pas à des principes assez arrêtés pour devenir l'objet d'un concert presque unanime de vœux et d'efforts de la part

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