CHAPITRE I
IRVASIORS DES BABBARBS. FONDATION DE CONSTANTINOPl E. MIGRATIONS MARITIMES DBS NORMANDS ET DES SARRASINS.
Dès les premières descentes des Gaulois en Italie, le tact guerrier des Romains ne s'était pas mépris sur le péril dont ces invasions armées de la Barbarie menaçaient la cité maltresse du monde. Ils avaient compris que de là pourrait venir on jour leur destruction et leur ruine. Car, avec ces peuples, ce n'était pas, comme avec Pyrrhus ou Carthngc, d'une lutte pour la prééminence ou pour Tempire, mais bien d'une guerre imort, qu'il s'agissait *. Pour exprimer ce qu'a do a tumulinenx» et d'effrayant une pareille guerre^ les Romains avaient inventé un nom particulier : tumultus gallicvs *. Ce n'était plus pv la voie des enrôlements ordinaires, c'était par levées eu masse qu'on se disposait à résister à de tels ennemis.
Cependant les Gaulois qui avaient causé à Rome cette pre-
*Giiin CeltU)eri8, coin Gimbris bellum, ut cum inimicis, gerebatur, uter ^*^i non uter imperaret. Cum LaUnis, Sabinis, Samnitibus, Pœnis, Pyrrho «Icimperio.dlniicabatur. (Cicéron, Deofficiis, 1. 1, c. 12,§ 38.)
* « TuoioltiiSy » dit Servius, id est bellum italicum seu gallicum, in quibts, ^MeuU vicliiittte, erat Umor multus. (Thésaurus d'Henri KsMenne.)
mière terreur, subjugués par les armes de César, et organisés en proviDce romaine par son génie, commençaient à avoir part à la civilisation et aux richesses de Tltalie, à laquelle leurs frontières du Rhin servirent ensuite de défense ; mais, à leur place, s'avancèrent successivement, contre Rome, les peuples du Nord restés à Tétat de barbarie, et pour lesquels les Gaules devinrent elles-mêmes un autre objet de convoitise^ par la douceur de leur climat et la prospérité de leurs cultures. . Il a fallu, pour achever la dissolution de l'empire romain, presque autant de siècles qu'il en avait fallu pour le former ; telle était, sous les Césars, la force de résistance de cette organisation administrative et militaire, dont le lien retenait ensemble une multitude de parties hétérogènes et discordantes.
Pour ne pas parler ici des invasions passagères, quoique effrayantes, comme celles des Gaulois dont nous avons dit un mot, ou des Cimbres dont le bras vigoureux de Marins avait sufQ à repousser l'effort, ce fut vers le milieu du m® siècle de notre ère qu'on vit commencer, dit Bossuet, a l'inondation « des Barbares». Les frontières romaines sont attaquées à la fois, du côté du Nord par les diverses peuplades des Germains et des Gètes, et du côté de l'Orient par celles des Scythes.
Afin de tenir tête à ce double courant de nations barbares, et comme pour ménager une capitale à ce qui resterait du monde romain après la perte de l'Italie, Constantin partagea entre Rome et l'ancienne Byzance, à laquelle il donna son nom^ le siège et les honneurs de l'empire (an 330). A la mort de Théodpse (an 395)^ ce partage du gouvernement et des pouvoirs aboutit à une séparation territoriale de l'empire en deux parts. Constantinople^ devenue l'asile des lois et de la civilisation romaine, en même temps qu'elle avait été la résidence du premier empereur chrétien> soutient longtemps encore la gloire de cette double mission, et produit par intervalles de grands hommes et de grandes choses^ que fait ressortir davantage l'abaissement successif ou la ruine de tout ce qui restait autour d^elle. Puis enfin^ envahie de tous côtés dans ses frontières, amoindrie dans son influence par rétablissement d'États