‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 8 sur 205 · AVANT-PROPOS. XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XI

A mesure que la civilisation se développe et s'affermit, la signification de ce mot fécond semble aussi s'élargir et s'étendre. Les premiers tyrans de la mer furent les pirates : on la crut libre lorsqu'elle fut affranchie de leurs brigandages. Mais, au sortir du moyen âge, s'élevèrent des prétentions à une tyrannie en quelque sorte plus odieuse, car elle invoquait le droit pour fonder sa domination maritime. A l'époque oîi Grotius écrivit, en faveur de l'indépendance des peuples, celte consultation célèbre qu'il intitula Mare liberum^ la liberté des mers consistait à revendiquer, pour toutes les marines commerçantes de l'Europe, le droit de naviguer au travers de

l'Atlantiqueetde prendre part à ce commerce .des deux Indes dont les Espagnols et les Portugais prétendaient s'attribuer le monopole par privilège d'invention, de concession pontificale et de conquête : elle consistait, d'autre part, à déniera l'Angleterre un droit exclusif à la possession des mers que ce peuple qualifiait d'annexés à son territoire, et affichait la prétention de/p/*mer^.û bon lui semblait, à toutes les nations du monde. Cette cause, Dieu merci, est maintenant gagnée. Le libre passage à travers les mers britanniques, comme à travers l'immensité de l'Océan, n'est plus, pour ce qui concerne le temps de paix, contesté, que je sache, par personne. Le terrain de la question a donc changé : ce n'est plus sur la liberté commerciale de la mer en temps de paix, mais sur la faculté de continuer le commerce

* V. ci-après, t. H, p. 92 et suivantes, Fanalyse du Mare clamum, (le Selden.

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