XII AVANT-PROPOS
maritime en temps de guerre qu'a porté, depuis un siècle, ce que je pourrais appeler Teffort du combat. Jamais, en effet, les armes du droit et de la raison, d*un côté, celles du sophisme et de la violence, de Tautre, ne furent aiguisées pour une lutte plus opiniâtre et d'un succès plus disputé. Et cependant on avait évité jusqu'ici de poser, pour ainsi dire, la question tout entière. On n'avait touché qu'une de ses faces, celle qui concerne les droits des neutres; mais, depuis longtemps, quelques esprits élevés avaient compris que le principe de la liberté du commerce maritime, en temps de guerre, avait une portée plus grande encore, et que l'adoucissement djB la guerre, sous l'influence des idées philosophiques et chrétiennes, pénétrant un jour plus avant dans le droit international maritime, pourrait protéger, par un progrès nouveau, le commerce des parties belligérantes elles-mêmes.
Dans le discours prononcé pour l'installation du conseil des prises, en 1800, M. Portails faisait ressortir avec netteté par quels liens intimes de logique ces deux causes se tenaient l'une à l'autre, par quelles raisons de politique et de prudence on les avait en quelque sorte disjointes, en ajournant celle dont le progrès des mœurs n'avait pas encore suffisamment préparé le succès.
« La guerre, disait-il, est une relation d'État à État, (c et non d'individu à individu. Entre deux ou plusieurs « nations belligérantes, les particuliers dont ces nations « se composent ne sont ennemis que par accident : ils