‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 83 sur 205 · II* ÉPOQUE.) ORIGINES DU DROIT DES GENS · texte numérisé non relu

II* ÉPOQUE.) ORIGINES DU DROIT DES GENS

peuples conquis, le droit commun, ainsi qu^il arrive toujours, finirait par absorber le privilège.

M. de Savigny fait remarquer comment les écrits des grands jurisconsultes et les constitutions des empereurs chrétiens marquent des phases successives et distinctes dans cette transformation de l'ancien droit.

« Le droit, dit-il, s'était tellement éloigné de sa forme pri- « niitive, qu'il fallait un grand art pour réduire cette multia tude de sources diverses aux résultats simples et faciles^ a nécessaires dans la pratique. Le préteur et les juges ne pouce vant plus puiser directement aux sources, étaient forcés de (( s'appuyer sur les travaux des jurisconsultes. Une grande <( ardeur pour la science, se réveillant au sein de la nation, «répondit merveilleusement à ce besoin... Du temps de la ii République l'éloquence et l'étude des lois menaient, aussi (( sûrement que les armes, à la faveur du peuple et à la gloire. c( L'éloquence, Te premier des arts de la paix aux jours de la « liberté, vit tomber, avec elle, son honneur, sa force^ sa puisce sahee. De toutes les parties de la vie publique, le droit civil c( était celle où la vieille Rome se retrouvait davantage. Tout (( se réunit donc pour élever la jurisprudence à cette hauteur ((OÙ nous la voyons au ii^ et au m* siècle', hauteur qu'elle ((n'atteignit jamais chez aucun peuple ni dans aucun temps. (( Mais cette supériorité isolée ne put se maintenir au milieu (i de la décadence universelle. Les écrits des fameux juris- (( consultesdu siècle deCaracallaet d'Alexandre furent presque (( les derniers, et cette circonstance jointe à leur mérite- dut a leur assurer une autorité sans partage ^. »

Mais cette transformation intérieure et savante, par laquelle le droit romain travaillait à se mettre subtilement d'accord avec lui-môme, fit place, sous les empereurs chrétiens, à an autre travail qui, partant du dehors^ tendait, au contraire^ à introduire, dans les principes de l'ancien droit, des innovations plus simples mais plus profondes.

< Histoire du droit romain au moyen ùge^ 1. 1, c. 1, § 2 .

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