‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 86 sur 205 · CHARLEMAGNB ET LA PAPAUTÉ · texte numérisé non relu

CHARLEMAGNB ET LA PAPAUTÉ

C'était' assorémeDt chose nouvelle et inouïe dans les fastes da monde, qu'une Jouissance qui n'était l'organe d'aucun peuple en particulier, A représentait aucun corps de nation, n'avait le plus souvent à sa disposition aucune armée, et dont la Toiz cependant était partout écoutée, dont l'autorité servait, tour à tour, de refuge à la faiblesse des^etits, et de frein à l'ambition des grands et dçs forts.

Nous avons cité le passage où Gicéron faisait du sénat romain ce fastueux éloge, qu'il était u le port et le refuge des «nations et des rois ^n. Mais derrière cette justice politique si vantée, Montesquieu nous montre les légions de Rome attendant, comme une proie certaine, tous ces peuples et tous ces rois dont le sénat s'était donné mission de vider les querelles, et qu'il accoutumait ainsi peu à peu à subir le joug, pour les fondre tôt ou tard dans la grande nationalité romaine. Aussi voyons-nous qu'après quelques siècles, tout avait disparu, et les clients couronnés du sénat, et le sénat lui-même. Iln'e restait plus, dans l'univers romain^ que des sujets obéissante un maître.

La Rome pontificale du moyen âge était redevenue, pour un temps, comme un tribunal auguste que les peuples de la chrétienté invoquaient souvent pour arbitre dans la paix et dans la guerre. Mais sur ce tribunal ne siégeaient ni des chefs d'armée ni des fondateurs d'empire. Son autorité n'était pas^ comme celle du sénat, une menace permanente pour l'indépendance des autres peuples: elle ne travaillait guère à agrandir Tétroit patrimoine de la papauté, suffisant à peine pour gitrantir sa propre indépendance, si elle n*y avait joint son auguste et saint caractère. C'est à maintenir, ou plutôt à fonder an équilibre durable entre de puissants États que fut employée cette .autorité qui, seule, au moyen âge, pouvait empêcher l'Europe de retomber sous le despotisme d'une épée iiiusulmane ou chrétienne ^.

^ De offciis^ lib. 3, c. 8. (Voir ci-dessus page 168.) ' Le courage que les papes montrèrent pour défendre les populations <>pprlmée8, leur mérita la confiance de l'Occident et fut l'origine d'un pouvoir 1. 15

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