‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 87 sur 205 · ÉPOQUE.) ORIGINES DU DROIT DES GENS · texte numérisé non relu

ÉPOQUE.) ORIGINES DU DROIT DES GENS

La réforme, en brisant Tunité de foi, a pu Ibire oublier quelque part ce que cette puissante iate(venlio;i morale de la papauié a produit si longtemps de dliits salutaires ; mais le concert européen qui la remplace aujourd'hui n'est-il pas, en grande partie^ son ouvrage ? Reportons-nous par la pensée à cette époque où les Itens sociaux n'étaient encore formés nulle part; où, pour échapper à la violence, on voyait des hommes libres se réfugier en foule dans u le servage » ; où la propriété du sol était si précaire, que pour procurer à la terre un prog tecteur, on l'inféodait à un maître; où le pouvoir lui-môme ne se trouvait pas mitux assis sur ses bases, mais était sans cesse divisé, morcelé, contesté , et par cela même impuissant et mobile, chaque fraction de la souveraineté tendant à se séparer de son centre, à s'isoler dans sa faiblesse^ et ne songeant qu'à s'arroger des droits et à s'affranchir de ses devoirs. Quel contraste devait offrir avec cet état de morcellement et d'anarchie le grand spectacle de l'unité catholique, qui tantôt rassemblait de tous les points de l'Europe des évoques convoqués en concile pour traiter des questions de morale, de discipline ou de foi ; tantôt s'exprimait par l'organe du pontife de Rome, ce représentant vénéré de la catholicité toute entière, ce centre de la foi, ce gardien fidèle des saints canons^ qui continuait l'autorité des conciles même en leur absence. Il était impossible que cette autorité, à qui appartenait, par sa mission, le règlement des cas de conscience dans le for intérieur, à qui étaient échus, par la force des circonstances et par le privilège du savoir, le dépôt et l'interprétation du droit civil

temporel qui existait déjà de fait quand il fut reconnu par les rois. (SI. Cb. Giraud, Du droit français au moyen âge, 1. 1, p. 303.)

On peut avec raison regarder l'influence immense de Tautorité papale à cette époque comme un bienfait pour Tbumanité : elle sauva l'Europe de la barbarie et deiint le seul refuge contre Toppression féodale. (Wheaton» Progrès du droit des gens, 1863, 1. 1, p. 30.)

Dans le moyen âge, où il n'y avait point d'ordre social, elle seule (Ta papauté) sauva peut-être l'Europe d'une entière barbarie ; elle créa des rapports entre les nations les plus éloignées; elle fut un centre commun pour les'États isolés. (Ancillon, Tableau des révolutions de l'Europe, 1. 1, p. 79, 80.)

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