‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 92 sur 205 · DEUXIÈME ET TROISIÈME CROISADES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ET TROISIÈME CROISADES

ritimes de l'Italie aient pris directement, depuis la un du XI' siècle jusque vers la fin du xii«, une part bien active aux croisades. Les commerçants de Venise et de Gônes, profitant à la fois de leurs conventions récentes avec les croisés et de leurs anciennes relations avec Constantinople, dont le commerce entier était dans leurs mains, laissaient aux marines naissantes des États de l'Occident et du Nord l'honneur de s'essayer dans ces expéditions religieuses et guerrières. C'est ainsi que dès la première croisade on vit aborder, à la fois, aux rivages de la Palestine, des marins et des guerriers partis des ports de la Frise^ de la Norwége et du fond de la Baltique.

On a remarqué^ non sans raison, que si dans les grands États de l'Europe, le souverain eût été dès lors en mesure d'équiper des flottes, de môme qu'en convoquant ses vassaux il rassemblait une armée^ jamais les Sarrasins de l'Orient n'eussent résisté au choc de tant de forces militaires appuyées sur de nombreux vaisseaux. Mais, faute de marines nationales, les plus poissants monarques de l'Europe restaient à la merci des États italiens qui^ marchandant leur concours, ne l'accordaient que dans le cas où le but particulier de l'entreprise répondait à leurs convenances et à leurs intérêts.

Deuxième et troisième croisades.

Cette observation était nécessaire pour comprendre comment, âa départ pour la deuxième croisade, les guerriers conduits par le roi de France et l'empereur d'Allemagne, en personne, reprirent encore, par nécessité sans doute autant que par choix, cette voie de terre où tant de malheurs et de sang *^ent marqué le passage des compagnons de Pierre l'Ermite «t de Gautier Sans- Avoir. On sait quelle fut l'influence de cette Première faute sur une expédition où , sauf l'éloquence de ^t Bernard, rien de grand ne compensa les désastres des ^Pmes françaises et allemandes.

A la troisième croisade, dans laquelle on vit pour la première fois combattre ensemble, pour la môme cause, les sou-

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Terains de la France et de TAngleteire (il89 et 1190), le roi Bichard inaugura, pour ainsi dire, les prémices d'une flotte anglaise, en faisant voile pour la Terre-Sainte sur ses propres vaisseaux, tandis que Philippe-Auguste fut obligé de fréter une escadre génoise pour le transport de ses chevaliers. Les Anglais signalèrent leur arrivée dans les parages de l'Orient par un fait d'armes qui sembla le produit du hasard, et qui, en définitive, fit tomber au pouvoir des Latins une de leurs possessions les plus utiles et les plus durables dans ces mers. L'île de Chypre, conquise, comme en passant, par Richard sur les Grecs, a servi, pendant plusieurs siècles, de consolation et d'apanage aux rois détrônés de Jérusalem, d'asile aux lois pleines de sagesse dont les barons avaient doté leurs seigneuries d'Orient, et de vaste entrepôt au commerce maritime de toutes les nations chrétiennes.

Le second siège de Plolémaïs (Saint-Jean d'Acre) fournissait, dans le môme temps, à la marine européenne l'occasion de se mesurer avec celle des musulmans. Des vaisseaux sortis de presque tous les ports de l'Europe, depuis le Danemark jusqu'à l'Italie, accoururent au secours des croisés; mais ces escadres particulières n'avaient pas la force d'ensemble qu'une marine nationale trouve dans l'unité du commandement et dans une organisation homogène : elles ne purent empocher les vaisseaux de l'Egypte de fournir, à diverses reprises, aux assiégés de Ptolémaïs des moyens puissants de résistance, à l'aide desquels ils tinrent longtemps en échec toutes Ufi forces militaires de l'Occident : et cependant la reprise de cette place importante compte, dans nos histoires, comme un des premiers faits d'armes où la marine militaire des chrétiens se soil fait un nom.

Une fois maîtres de cette clef de la Syrie, les croisés parvinrent à s'emparer de nouveau des autres places maritimes ijj^è leur avaient enlevées les victoires de Saladin. D'Àscalon à Antioche, tout le littoral de la Méditerranée retomba vers la fin du XII* siècle sous la puissance de la France ; et la possession de ces ports, qui n'avait été à l'origine qu'un moyen de sauve-

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