‹ Le droit maritime international considérée dans ses origines et dans ses rapports avec les progrès de la civilisationChapitre 99 sur 205 · LÀ LIGUE HANSÉATIQUE · texte numérisé non relu

LÀ LIGUE HANSÉATIQUE

SECTION IL ÉUita BUiHtiiiies du M*rd.

Pendant que Jes villes commerçantes de l'Italie poursuivaient ^insi, au milieu des conflits et des guerres, leur fortune brillante mais agitée, il se formait, au Nord de TËurope, sur les :^vages de TOcéan et de la Baltique, une puissance maritime appelée aussi à jouer un rôle considérable dans le monde, et ^ui avait, au contraire^ pour principe le rapprochement, lu dé- :Mense mutuelle, Tunion des forces et des volontés.

La ligue hanséatique.

Moins favorisés sous le rapport de la mer, du ciel et du climat, encore entourés de nations presque sauvages, ayant à surmonter des obstacles de toute nature, les commerçants du Nord n'auraient trouvé dans l'isolement que faiblesse et impuissance. N'ayant pas encore de précédents ni d'histoire, ils n'avaient entre eux aucune cause ancienne de jalousie ou de haine. Exempts des passions ardentes qui dominent et entraînent les populations du Midi, remplaçant la vivacité par la patience, la rapidité d'action par l'esprit de prudence et de suite, ils savaient calculer minutieusement les chances d'une entreprise, en préparer le succès, puis l'attendre, sans paraître trop pressés de réussir. Telles furent les causes matérielles et morales qui donnèrent naissance à ces unions progressives des habitants du Nord, dont la ligue hanséatique fut le produit. Leur but, comme celui de tout commerce, était l'intérêt, et la première inspiration de l'intérêt est l'exclusion de la concurrence qui lui porte ombrage. On ne commence ordinail'ement à réclamer la liberté que quand il se trouve que le ttionopole n'est plus possible. Mais le privilège peut s'exercer Collectivement, et alors il n'en devient que plus redoutable, car sa force d'exclusion croit à proportion de la puissance des associés.

La ligue hanséatique eut ce caractère : elle admettait une égalité an moins relative entre tous ses membres ; mais au dehors, elle reposait sur des exclusions et des privilèges que son action tendait sans cesse à confirmer, à accroître ou à défendre. Le désir naturel d'entrer en partage de cette situation privilégiée, portait ceux-là même qui auraient pu devenir les rivaux des prenàiers confédérés à se joindre à eux, et c'est ainsi que la ligue parvint à ce haut degré d'influence qui la renditredoutable à de puissants rois.

Deux groupes d'Intérêts dans la ligue : les villes de commerce et les viUes

d'industrie.

Sans parler ici des villes commerçantes de Tintérieur, on peut distinguer deux groupes principaux de cités maritimes qui entrèrent successivement dans la composition de la ligue hanséatique : celles du littoral de la mer Baltique et de la mer du Nord, et celles de la Flandre, de la Zélande, de la Hollande et de la basse Saxe. Les premières renfermaient peut-être de plus hardis navigateurs, familiarisés avec tous les périls de la mer parThabitude de la grande pèche; les secondes, plus anciennes dans la civilisation, joignaient aussi sur une plus vaste échelle, au commerce maritime, l'industrie manufacturière.

Auxxii* et MU* siècles, la navigation de la Flandre se faisait principalement par les ports d'Ostende et de TËcluse (Sluys), Ce dernier communiquait avec la ville de Damme qui servait d'entrepôt aux vins de France et dont le nom est resté célèbre dans les fastes du droit maritime.

Le port de West-Cappel, auquel se rattache une célébrité de même nature^ est détruit maintenant par suite des envahissementside la mer. Il était alors l'un des plus fréquentés de la Zélande et recevait, avec le port hollandais d'Enchuysen, les laines de TAngleterre destinées aux fabriques de la Flandre. Ce fut au xiv* siècle seulement que la mer, en ouvrant le passage de Marsdiep, permit aux grands navires de remonter jusqu'à Amsterdam, et que la prospérité de cette ville déjà considérable prit unaccroissement nouveau.

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