PRE
en" PUTSS
pour l'individu et pour la société. Il est une des formes le l'orgueil, et d’un orgueil qui va jusqu’à la folie ; il développe l’égoïsme ; il crée ce mal particulier et tout moderne qu’on appelle l’individualieme, qui est à la fois sot et sauvage. Tous ces droit: séparés et rivaux se regardent d’abord, s’abordent ensuite dans des chocs formidables, qui ébranlent l’ordre social jusque dans ses fondemen On a justement reproché au législateur de 1789 d’avoir semé dans les entrailles de la nation, par la Déclaration des droits, des germes funestes, qui ne tardèrent pas à produire des calamités dont l’histoire fait horreur, et qui durent encore. Il est . sage de définir les devoirs que les droits: le devoir inspire ‘humilité et le dévouement, l'oubli de soi et le respect d'autrui ; c’est la méthode la plus efficace de définir indirectement les devoirs de chacun ; elle n’a rien de capiteux ; elle engendre toutes les vertus, sans mélange d’extravagauce. Le Décalogue de Mvïse est resté l'éternel modèle d’une déclaration des droits, précisément a:ce qu’elle est une déclaration des devoirs de l’homme, envers ieu, envers le prochain et envers lui-même; les droits de Dieu, du prochain et de l’homme se trouvent par la suite admirablement définis.
Mais l’abus ne compte pas ; : sert plutôt de preuve de la sainteté de la chose qui en est l’objet. L’exagération du sentiment du droit fausse ce sentiment, qui en lui-même reste très noble ; c’est le grand ressort de l’âme humaine; c’est le point d'appui et le levier tout ensemble avec lesquels, à certaines heures de l’histoire, elle soulève le monde. De Ïà, ce principe de l’ordre moral et social : la valeur de l’homme est en raison directe du sentiment du droit, contenu dans les limites du vrai et du juste. On peut en juger par quelques exemples.
L + se.
Le sauvage est placé au dernier degré de l’échelle humaine : débris informe de la civilisation primitive, semblable À une pierre détachée de l'édifice où elle avait sa beauté, et qui en roulant se fausse et se brise, sans qu’il soit possible de discerner à l'œil nu ses lignes, ses angles, ses moulures, il est resté, pour quelques observateurs superficiels, l’idéal de l'indépendance. Mais c’est l’indépendance de l’onagre, qui gambade dans son désert, roi des herbes et des eaux, à l’abri de l’exacteur, qu'il brave et qu’il défie de lui arracher un tribut ; à une pareille prétention, il oppose une ruade échevelée, qui ne laisse pas place à
la réplique. Ce grand jeu de liberté dure jusqu’à ce que le perfide chasseur l’attire dans un piège, et lui passe au cou la corde qui change ses destinées. Dès ce moment, l’onagre perd sa fierté insoleute ; esclave de ses maîtres, il baisse la tête sans muimurer ; il mange le foin qu’on lui sert à l’étable ; il courbe son dos sous la charge qu’on lui impose, ou sous le bâton dont les volées zèbrent ses côtes. La nuit, devenu un peu libre, il entonne la chanson de la savane en si fa: c’est la seule consolation qui lui reste. Quand vient le jour, il considère qu'il est à la même place, et il se résigne avec stupidité.
C’est l’histoire du sauvage. Celui-ci défend d’abn, 1 son drent avec un courage qui va jusqu’à la cruauté ; sarr doctrine, sans autre charte que les coutumes de sa tribu, par pur instinct, il fuit payer cher à l’envahisseur ea témérité coupable ; après l'avoir tué. il le mange de peur qu’il ne ressuscite, et pour mieux se mettre à l'abri de ses convoitises despotiques. Les crânes de l'ennemi cloués sur la porte de sa case avertissent ceux qui auraient envie de l’imiter du sort quilesattend. L'anthropophagie a son Iliade, Quand le sauvage est subjugué par un plus puissant que lui, il perd anwsitÜt le sentiment du droit, qui pour lui se confond avec la force. La fo, : est tangible; ce n’est pas une idée, ce n’est pas un sentivuent : c’est une sensation. Elle agit d’abord sur le muscle, pour de là réagir jusque sur l'âme. sauvage a surtout du muscle ; son âme atrophiée n’a que des rudiments de facultés, encore susceptibles de se redresser et de se développer sous l’influence de la culture intellectuelle et religieuse. Dans l’état d’infériorité où il est tombé, il n’est accessible qu’à la peur ; la peur le met à genoux, tremblant devant le
remier Nemrod venu, qui a fait une bonne chasse. Désormais, il appartient à qui le nourrit ; il le suit partout avec docilité et saus souffrance ; il se croit d’une race maudite, prédestiné à toutes les humiliations, À tou: les travaux durs, presque heureux de servir aux plaisirs et aux caprices, souvent honteux, du maître qui l’a pris ou qui l’a acheté. L’abdication est complète ; elle se peint sur son front déprimé, dans son rege quelquefois sombre de colère, le plus souvent terne et
irigé en bas, comme s’il craignait en fixant le ciel d’y découvrir son origine, et d’offeuser son maître en paraissant se souvenir d: son droit. Le continent noir renferme des peuplades “ntières soumises à ce régime contre nature, qui est un crime de lè-e-humanité et de lèse-divinité. Dans l’intérieur des tribus les sacrifices humains sont encore pratiqués : avant la conquête
Vu Sidi dial nus énoncée costs dot éteint tRtala ann msététaes vougui. dre Pudertugie ut Date data annule us a mdrr, ve eo tie MN
française le Dahomey présentait ce spectacle. La traite des esclaves à l'extérieur, ce hideux trafic, que les protestations des peuples ivilisés et la voix des La en n’ont pas aboli entièrement, se continue encore, non pas sur les marchés d'Egypte et autres places de l’Orient trop rapprochées des voies de communication, mais dans l’intérieur de l'Afrique où les colons de l’occident n’ont pe encore pénétré. Les bâtiments négriers ne chargent pas cette
umaine marchandise destinée aux plantations de l’ Amérique ; les Yankees libéraux ont fait ‘ace aux fils du désert sur leur sol, en attendant de leur ouvrir .8 rangs dans la hiérarchie 80ciale dont les mœurs publiques les écartent encore. Ils ont moins de respect pour les Peaux-Kouges des Cordilières qu’ils ont abrutis avec l’alcool et exterminés par la poudre et le fer, et dont les tristes restes reculent devant l'invasion des colons du Far-West, C’est un chapitre peu glorieux des races civilisées, qui en déclamant avec emphase ies droits de l’homme, leur ont fait subir les plus cruels outrages : philanthropie bavarde, qui ajoute à l’indignation quo ses attentats provoquent chez les âmes honnètes. Mais les esclaves, résignés, semblent avoir perdu le sentiment de leur droit ; ils attendent leur rédemption, qui leur viendra nou PE des politiques, mais des missionnaires qui leur annoncent
évangile.