‹ Le droit musulman, exposé d'après les sourcesChapitre 2 sur 144 · NOTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

NOTIONS GÉNÉRALES

Gomme on l'a démontré dans l'Introduction , la législation des musulmans est complètement imprégnée de l'esprit de leur religion ; le Koran , même en dehors du domaine des notions religieuses, est la règle fondamentale et dirigeante de tous leurs actes de la vie privée (Chap. XVI, les abeilles).

C'est aussi dans le Koran et dans ses compléments que la jurisprudence musulmane a, dans le principe, exclusivement puisé ses statuts et ses règles 1 .

rime Scher^e, littéralement, connaissance de la loi; c'est le nom qu'on donne à cette science qui a pour objet l'ensemble de toutes les règles se rapportant à l'islamisme ou à la croyance (din), soit que ces règles concernent le dogme, le rit ou la vie publique et privée.

Scher>en, veut dire, dans le langage ordinaire comme dans celui du droit, toute action qui ne contrevient point aux règles fondamentales de l'islamisme.

Hakime Scher*e, c'est le nom du personnage le plus élevé

* Comp. l'introduction de Mina Kazem-Beg an Mùchteser-ul-Wikayet, p. iv, où il dit :

« Les musulmans tiennent que Dieu, qui a ouvert au peuple élu le chemin » du salut, est la source de toute législation. Pour le conduire dans ce che- » min, Dieu a tracé des règles dont les unes sont dans le Koran éternel, les

• autres dans les paroles de son prophète inspiré. Le chemin ainsi tracé s'ap-

• pelle chez les musulmans scherfet; le conducteur, c'est-à-dire le législa- » teur, Mahomet, scheri'i. Ces deux mots ont pour racine le mot arabe qui » signifie frayer un chemin» L'ensemble de ces règles, scherfet, s'appelle » ahkam. »

dans la hiérarchie spirituelle. Il décide, en dernier ressort, de tout doute en matière de foi et de tout procès en matière de droit; il émet ses décisions et ses commandements [Fettoo) sur toutes les questions de doctrine dogmatique et pratique et de jurisprudence, sans distinction. Le Hakime Scher'e prend en Perse le titre particulier de mûdjtehid (de idjtehod ce qui veut dire un homme qui a atteint la perfection dans la connaissance de la législation, spirituelle et temporelle : en Turquie, il s'appelle mii/tt*, c'est-à-dire celui qui rend des décisions et des sentences Fettoo. Au-dessous du mûdjtehid , il y a en Perse les Kazi, appelés aussi en certains lieux Scheich-el-I$lam* -, au-dessous du mufti , il y a en Turquie et en Algérie les cadi. Ceux-ci forment une classe de juges inférieurs, espèce de clergé, auxquels il n'appartient de décider, d'après les règles du Fikhiyeh, que les questions et les doutes en matière de croyance pratique et de jurisprudence *.

Din 9 Ed-din, la foi, la religion, se divise, suivant les principes du Koran , en usul'e din et en feru'c din. La première comprend la partie dogmatique de la religion, la seconde, la partie pratique, ainsi qu'on l'a déjà vu ci -dessus. De même le *Ilme Schefe ou la science de la loi, se divise en deux parties : 'lime Kelom et 7 lime Fikh 5 .

1 Voy. sur la différence des grades entre le.idjtehod et le mûdjtehid, l'introduction de Mira Kazem-Beg.

8 Hammer, dans son Histoire de V empire ottoman, 1. 1, p. 58C, dit : « Le b mufti, c'est celui qui rend des décisions en matière contentieuse ; on l'ap- » pelle le jurisconsulte, qui , consulté dans les cas douteux de la loi , donne » un avis sur lequel le kadi rend son jugement. Sous Soliman le Législateur, » les mûftis parvenaient au plus haut 'degré des fonctions judiciaires. »

» En Turquie, il n'y a que le chef du clergé qui prenne le nom de scheichul-islam.

4 Dans les provinces russo-transcaucasiques il n'y a que des joges de bas degrés; ils ne jugent qu'en matière civile. Survient-il pour eux, dans ces procès, une question douteuse, les schiites s'adressent à un mûdjtehid perse, les sunnites à un mufti de la Mecque ou de Constantinople , et réclament d'eux un fetwo. Le mufti du cercle de Kasach et le mûdjtehid de Tiflis ne jouissent pas, dans l'opinion publique des musulmans, de la même estime que les mûftis et les mûdjtehid en Perse et en Turquie; ce sont de simples titres honorifiques que le gouvernement russe accorde à des prêtres schiites ou sunnites. Les fonctions dn véritable mûdjtehid et mûfti sont acquises, comme un grade scientifique, aux prêtres qui les obtiennent par une candidature et qui en sont officiellement investis.

» « 'lime kelom, science des dogmes ; lime fikh, science de la pratique re-

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