JURISPRUDENCE. — NOTIONS GÉNÉRALES
La première partie, 'lime Kelom , est la science théorique et dogmatique de la foi, et a pour objet d'exposer les règles relatives à Yussul ed-diriy ou aux principes fondamentaux de la religion. La connaissance exacte et approfondie de tous les mystères de cette partie de la science de la religion, n'est possible que de la part de ceux que leur savoir religieux mène aux plus hautes dignités; de là vient que celui qui, outre les autres parties de la science religieuse, approfondit le 'lime Kelom, parvient au plus haut degré de la perfection (le idjtehod) et acquiert le droit de dissiper les doutes des musulmans en matière de religion.
La deuxième partie, 'lime Fickh 1 ou la jurisprudence, embrasse l'ensemble de toutes les lois qui règlent la pratique de la religion feru'e din , et toute la vie civile des musulmans. Dès lors la connaissance complète de cette science est indispensable aux juges ou kazi pour l'examen et la décision des procès et des difficultés naissant des relations de la vie privée.
En ce qui concerne la division de \" lime Kelom, ou science des dogmes , elle forme, outre le chapitre qui pose le principe fondamental de l'existence de Dieu (ma' erifeti-ullaeh), cinq parties conformément aux cinq articles de foi : ckemse usule din qui suivent :
1) Teuhid, l'unité de Dieu;
2) 'Edolet, la justice de Dieu;
3) Nebûuwet, la mission des prophètes;
4) Mi'od , la résurrection des morts et la vie future ;
5) Imamet, la succession des imans. Ce dernier dogme n'est cependant admis comme tel que par les schiites.
Enfin la jurisprudence : 7/roc Fikh contient les quatre points suivants :
ligieuse, ou Jurisprudence ; 'Urne tessir, exégèse du Koran; Ilme-el-hedith, science des traditions; lime eUferoi*, théorie des partages, des hérédités, et lime usuleelfikh, théorie des principes du droit; —telles sont les six parties principales qui appartiennent à la catégorie du 'El-Scher?et, ou de la science de la fol et de la loi. » (Mina Kazem-Beg, p. 2 et 3.)— Hammer, dans son Histoire de Vempire ottoman , p. 395, cite comme parties de la jurisprudence : 1° la science du dogme; 2° la connaissance de la loi; 3° la connaissance des traditions ; et 4° Part d'interpréter les Écritures.
1 Mira Kazem-Beg fait la remarque (p. 6) que la racine de ce mot fikh ne voulait dire que notion; plus tard, on donna aux hommes versés dans la connaissance du Koran le titre de fekih % c'est-à-dire savant, instruit, et enfin on fit de la mixtion de ces deux mots celui de ilme fikh.
1) Ebodot, c'est-à-dire les pratiques de la religion, l'ensemble de toutes les prescriptions sur la prière, les jeûnes, les fêtes, les pèlerinages, l'aumône et la guerre contre les infidèles ;
2) Ekudot, ou la théorie des contrats; l'ensemble de toutes les règles sur les rapports fondés, dans la vie civile, 6ur un accord réciproque ;
3) Eiko'ot, la théorie des actes civils unilatéraux; de ce nombre, sont les divers actes de l'état civil, les actes relatifs à l'esclavage, quelques règles de la procédure et le chapitre des vœux et de la pénitence ;
4) Ehkom, les règles communes de la vie, l'ensemble de toutes les lois relatives à la vie civile et sociale des musulmans, et que ceux-ci doivent exécuter d'une manière non interrompue. Là viennent se placer les règles sur la puissance publique, sur les kadi, sur le droit de succession, le témoignage, le droit de voisinage, la chasse, le manger et le boire, enfin le droit pénal, la vengeance et les compositions.