CHAPITRE VU
E'ttkof. retraite dans une mosquée.
§ 1. Par e'tikof on entend des prières extraordinaires qu'un musulman récite dans une mosquée, par une piété exceptionnelle, en s'isolant des idées du monde et des affaires, et dans le but de se rapprocher du trône de Dieu. Ce ne doit point être un acte imposé, mais le résultat d'une libre et volontaire détermination, et dans le but de faire pénitence.
L'usage de pareils exercices ou l'éloignement temporaire du milieu du monde pour se livrer à des méditations religieuses et pour s'inspirer d'en haut, est surtout usité parmi les sectes ' qui se préoccupent de recherches mystiques sur les secrets de la foi, parmi lesquelles se font notamment remarquer les communautés Ehle teriket et Sufi,avec leurs mûrschides et mûrides.
Le 'etikof est imposé, wodjib, ou facultatif, mendub. Le premier résulte d'un vœu, le second n'a d'autre cause que le désir de s'y soumettre par piété et par dévotion.
§2. Il y a à observer dans Y'etikof ce qui suit :
1) Celui qui veut s'y soumettre, doit être de croyance musulmane, majeur et sain d'esprit;
2) Il doit réciter, avant le lever du soleil, le niyyet, c'est-àdire la déclaratiou de sa volonté d'accomplir 1" etikof;
3) Mekon } le lieu : c'est dans la mesdjed djum'e, c'est-àdire dans la principale mosquée où les jours de fête l'imam djum'e ou le pischnemaz dirigent la prière de midi, qu'il doit faire cette retraite. Il y a dans toute mosquée un espace à ce destiné.
4) Zmon, le temps : il ne peut pas être moindre que trois jours consécutifs.
5) Nischtêtm, le séjour : il faut rester continuellement dans la mosquée, y réciter les prières et no se laisser distraire par aucuns détails étrangers ou par aucune pensée mondaine. Il n'est permis de quitter la mosquée que pour se laver, pour satisfaire les besoins naturels, pour aller réciter les prières des agonisants ou suivre un convoi funèbre, pour visiter les malades et déposer en justice.
6) Le jeûne, ruxek il faut suivre les règles rigoureuses du jeûne du ramazan. Tout ce qui dérangerait la régularité du jeûne du ramazan , doit être évité pendant V'eHkof. Celui-ci ne peut pas avoir lieu à une époque où il est défendu de jeûner, par exemple les jours de fête.
7) Huchsety l'autorisation d'accomplir Y'etikof: l'enfant doit l'obtenir de son père, la femme de son mari et l'esclave de son maître.
D'après le livre JVeil ul-merom> p. 76, cette autorisation doit être accordée à tout musulman par le sahib weloyet ou par l'imam, s'il est sur les lieux.
Vetikof accompli sans permission n'a aucune valeur légale. Celui qui, ayant fait vœu de se soumettre à Y'etikof n'accomplit pas ce vœu, est soumis au kefforeU (Voy. le livre Eiko'ot.)