‹ Le droit musulman, exposé d'après les sourcesChapitre 5 sur 144 · PARTIE DOGMATIQUE DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

PARTIE DOGMATIQUE DE LA RELIGION

soumission teklid aux décisions des docteurs est fondée sur cette sentence :

Kabuîe Kaule gheir bedun délit.

Ce qui signifie : « Accepte un précepte sans demander de « preuves. »

§ 2. Le plus remarquable dogme de l'islamisme est celui de l'unité, teuhid, et l'exclamation :

Lo ilahe illallah!

« Il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu ! »

C'est le symbole fondamental de la foi musulmane. Le Koran repousse, non-seulement le culte des images , mais encore la trinité chrétienne et le Christ fait homme K

Les chapitres et versets du Koran , qui traitent principalement de l'unité de Dieu, sont les CXIi; XVI, 53; XVIII, 110; XXIII, 92; XXI, 108, 11, 20: XXII, 12; XIX, 36; V, 77; IX, 90; VI, 100, 102.

Le chapitre CXII Et-teuhid, l'unité de Dieu, porte :

Vers. 1 : « Reconnais que Dieu est unique. »

Vers. 2 : m II est éternel. »

Vers. 3 : « Il n'engendre pas et n'est point engendré. » Vers. 4 : « Aucun être n'est son égal. »

Chap. XVI, Us Abeilles, vers. 53 :

« Et Dieu dit : n'admettez pas deux Dieux ; car il n'y a qu'un » Dieu. Adorez-moi. »

Chap. XIX, Marie, vers. 36 :

« Et Dieu n'a pas d'enfants. Et quand il veut une chose, il » ordonne qu'elle soit! et elle est. » Cbap. V, la table, vers. 77 : ,

« Il y a des infidèles (les chrétiens) qui disent : Dieu est le » tiers de trois. Mais il n'y a qu'un Dieu. » Chap. IX, l'expiation, vers. 30 :

« Les Hébreux prétendent qu'Esra est le fils de Dieu ; les

1 Mahomet» qui rejette le dogme de la Trinité, ne le connaissait que par les faux rapports sur le Sauveur et la révélation divine faits par les Juifs habitant alors la Mecque et l'Arabie , et par les chrétiens hérétiques de la Syrie. De là l'erreur, le mauvais goût et les contradictions qu'on trouve dans le Koran sur le Fils de Dieu fait homme.

» chrétiens soutiennent que Christ est le fils de Dieu. » Vers. 31 : » Et pourtant il leur a été ordonné aux uns comme aux autres » de ne servir que Dieu. »

§ 3. Le dogme de la prédestination Kezo m Kcder, forme l'élément essentiel de la doctrine sur Y'Edolet ou justice de Dieu.

Les contradictions qui se rencontrent dans le Koran où certains passages disent que la destinée de chacun est fixée d'avance et que nul ne peut trouver le vrai chemin sans la volonté de Dieu ; — où d'autres passages disent que le chemin du salut est ouvert à tous, que les uns deviennent musulmans, tandis que les autres restent infidèles; — # enfio que chacun aura à rendre compte de ses actions dans une vie future, — toutes ces contradictions durent avoir pour suite naturelle que les sectateurs de l'islamisme se séparèrent en sectes sur la doctrine de la prédestination.

Les sectes les plus divergentes sur ce point sont les sunnites et les Bchiites. Les premiers admettent la prédestination dans le sens absolu de ce mot et n'accordent aucun libre arbitre à l'homme. La foi inébranlable à ce dogme est la cause du fanatisme des sunnites.

Les schiites regardent au contraire la croyance à une prédestination immuable du sort de chaque homme, comme inconciliable avec l'idée de la justice de Dieu, et avec la croyance à une vie future où il doit y avoir des peines ou des récompenses selon le mérite de chacun. Ils croient dès lors que chaque homme a son libre arbitre et qu'il est responsable de ses actions devant ht justice de Dieu ; mais que les actions des hommes ont été connues de Dieu , de tonte éternité et inscrites au livre des destinées, comme une preuve de la science universelle (prescience) de Dieu ; Hikmet l . Le chapitre XVII El-nra y le voyage nocturne, vers. 14, porte :

1 La savante dissertation critique sur ce point par le docteur Weil, dans son Introduction au Koran (p. 95 à 108), mérite d'être examinée. D'après l'opinion de ce savant, Mahomet n'avait pas de prime abord créé ce dogme, qui ne se serait établi et propagé que plus tard, néanmoins dans les premiers temps de l'islamisme, quand les califes, pour aUeindre leur but politique, eurent besoin d'une obéissance aveugle des musulmans et de la croyance à. la prédestination. Le vrai sens de tous les textes du Koran sur cette question conduit bien plus à cette conclusion : que le prophète n'a pas entendu

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