‹ Le droit payen et le droit chrétien (volume 2)Chapitre 12 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l^g MittUM dii lèontrAtfto^al ekitrte entre leë lol« puyenMs et les loin fcéiiimi^ qaes'e timnAltton a«im toln die Jéfme* ClMrist*

Les lois pa'yenaes et hébrmqnes qui viennent d'être diées, daâs les deux sections précédentes» étaient impérieusement commandées par la logique*

Les payens admettaient une multitude de dieux et de déesses, dont l'origine était ter* restre, et qui avaient eu toutes les passions des hommes : ils ne connaissaient pas Dieu, et ses attributs essentiels. Ils n'avaient pas de connaissances plus exactes sur Torigine et la destinée de Thomme. Us croyaient que les premiers hommes n'étaieMpas nés les uns des

autres^ mais qu'ils étaient sortis des entrailles mêmes de la terre, en yertu des forces aveugles de la nature. C'est pour cela qu'ils appelaient la terre la mère des hommes et des dieux, et que quelques peuples se disaient autochtones ou aborigènes, c'est-à-dire issus du sol même qu'ils habitaient. Ils croyaient que le terme de l'existence de l'homme étail^ — sinon Tanéantissement absolu, comme l'enseigne encore aujourd'hui le bouddhisme, (le nirvana], — au moins cette espèce d'immortalité qui ne consistait que dans le retour périodique des âmes dans les corps des animaux terrestres. (1)

Dans cet ordre d'idées, l'homme ne différait pas sensiblement des animaux ordinaires; il ne relevait d'aucune autre puissance que de luimême : il pouvait donc disposer souverainement de son corps et de sa vie, et restait soumis aux règles du droit naturel, en vertu duquel tous les animaux font usage des armes qu'ils ont reçues de la nature pour tuer, blesser ou frapper ceux qui les attaquent, ou se battent les uns contre les autres.

C'est ce que le paganisme avait admiç.

(1) « Le Nirvana est ranéanlissemeot complet non seulement des éléments matériels de Texistencei mais de plus, et surtout, du principe pensant. (Le Bouddha par M. Barthélémy St-Hilaire, p. 133.)

Au contraire, les Hébreux n'admettaient qu'unDieu unique y exclusivement spirituel^ sans commencement et sans fin , omniscient, omnipotent, créateur et conservateur de tout Tunivers, et dont la sollicitude s'exerçait sur tous les êtres/ au moins pendant leur existence. Us croyaient que le premier homme et la première femme avaient été créés, par ce Dieu, à son image et à sa ressemblance , et que leurs descendants recevaient eux-mêmes un rayon de son intelligence, un souffle de son esprit divin.

Dans cet ordre d'idées, l'homme ne relevait déjà plus de lui-même. Il relevait de son créateur, par sa naissance. Il restait marqué de son empreinte , pendant tout le cours de sa vie , malgré ses fautes ou ses erreurs. Si cette origine divine et cette marque ineffaçable ne suffisaient pas encore pour le rendre absolument inviolable, vis-à-vis de ses semblables, il fallait, au moins, par respect pour le Créateur dont il était l'image, lui interdire de les tuer, hors les cas où la nécessité de la conservation sociale ou individuelle ne l'exigeait pas; et, — même dans les guerres défensives, — il fallait lui faire comprendre que le meurtre d'un homme n'était jamais exempt de faute.

C'est ce que le Mosaïsme avait fajt.

Mais Jésus-Christ n'admet pas seulement toutes les vérités que Moyse enseignait aux

Hébreux, sur Tuoité, la spiritualité, Tomnipoteuce de Dieu, sur Torigiae de Tbomme, et sur la crédtioui eu général : il déclare, en outre, en termes formels, — ce qui n'avait pas été dit, expressmmtf dans la loi de Moyse,— que Tê^me de l'homme est immortelle, et qu'il recommence, après sa mort, une existence nouvelle, dans nn autre monde, avec son ancien corps terrestre reconstitué dans son intégrité et dans sa plénitude, et devenu désormais glorieux et incorruptible.

Dans cet ordre d'idées, Tbomme qui relevait de Dieu , par sa naissance , reléTe encore de Dieu, par sa résurrection, et ne cesse, à aucime époque, de lui rester attaché, par des liens indissolubles. La destruction du corps, — ce dernier trait qui permettait de le confondre dans la classe des animaux ordinaires, — n'est plus, pour lui, qu'un accident, qui n'interrompt pas son existence. Il ne peut plus échapper h lui-même par le suicide ; il ne peut plus être anéanti psur l'homicide ; il appartient donc eo^ clusivemmt à Dieu, dans son corps et dans scn esprit^ — comme l'a dit saint Paul.

Est-il possible que Jésus-Christ, qui envisage l'homme à un point de vue si magnifique, si complet, si divin, n'ait rien dit de plus que Moyse? Est-il possible que le législateur des chrétiens, dans la législation définitive qu'il a

donnée à des êtres auxquels il reconnaît celte origine et cette destinée, leur ait laissé le droit de repousser la violence par la violence» et de se battre les uns contre les autres ?

C'est ce qui reste à examiner.

Nous abordons la partie capitale de ce travail*

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