‹ Le droit payen et le droit chrétien (volume 2)Chapitre 16 sur 24 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

De l'abolition du ûyoH de repoassi^ la Tlolence par la Tlolenee, poar la défense de ses lilenfl.

L'Évangile de Saint-Luc contient un passage qui n'a pas moins bouleversé toutes les idées du monde antique que celui de l'Évangile de Saint-Mathieu, où il est dit de ne pas résister à ceux qui font du mal.

C'est celui-ci:

« Si quelqu'un vous enlève votre manteau, ne l'empêchez pas de prendre aussi votre tunique. » (4)

Qu'est-ce que cette loi?

(1) Âb èo qui auferttibi vestîmeutumi etiam tunicam noli prohibera. (Saint-Luc V 29).

C'est rapplication, en matière de défense de ses biens, des principes que Jésus-Christ vient de poser, en matière de défense de soi-même.

Il a déjà dit de ne pas résister à ceux qui nous font du mal : il dit, ici, de ne pas résister à ceux qui nous dépouillent. Il a déjà dit que si on nous frappe sur la joue droite, il faut être prêt à nous laisser frapper sur la joue gauche: il dit, ici, que si on nous enlève notre manteau , il faut être prêt à nous laisser dépouiller de notre tunique.

Pour bien comprendre le sens de ces derniers mots, il faut savoir que, du temps de Jésus-Christ, le costume des Juifs, — comme de beaucoup de peuples de l'Orient, — se composait de deux parties : d'une tunique qui enveloppait le corps jusqu'aux pieds, et d'un manteau qui se drapait sur l'épaule gauche, et laissait les mouvements du bras droit entièrement libres: En disant qu'après nous être laissé dépouiller de notre manteau, il faut aussi nous laisser dépouiller de notre tunique,Jésus-Christ veut donc faire comprendre qu'il faut être prêt à se laisser dépouiller non seulement des choses superflues, mais encore des choses nécessaires.

Il ne distingue pas si le voleur commet ce vol pendant la nuit, ou s'il le commet

pendant le jour, dans une maison, ou hors d'une maison^ avec violences, ou seulement par ruse : Il dit, d'une manière générale et absolue: ne lui résistez pas!

Mais si Jésus-Christ interdit de résister à ceux qui nous dépouillent, c'est à dire d'employer la violence pour défendre nos biens, il est évident qu'il interdit de tuer les voleurs, car on ne peut pas tuer les voleurs sans employer la violence : 11 est donc certain que, sous la loi de Jésus-Christ, il n'est pas plus permis de tuer les voleurs de nuit^ que de tuer les voleurs avec violences.

Et comment pourrail-il en être autrement?

La conservation des biens n'est-elle pas moins précieuse que la conservation du corps et de la vie? S'il est interdit de tuer pour la conservation de son corps et de sa vie, comment serait il permis de tuer pour la conservation de ses biens? Le corps et la vie ne sont-ils pas le principal, et les biens ne sont ils pas l'accessoire? Mais s'il est interdit de tuer pour le principal, comment serait-il permis de tuer pour l'accessoire?

On voit donc que, par ces seules paroles, Jésus-Christ a bouleversé toutes les législations et toutes les coutumes qui permettaient d'employer la violence pour la défense de ses biens , et qu'il a fait , dans cette

matière, une réforme aussi profonde que celle qu'il avait faite , pour la défense de soi-même.

Celte explication pourrait être très bonne; — si elle était exacte.

Est-elle exacte?

Ici, encore, nous allons laisser parler les pères de l'Église des premiers siècles de l'ère chrétienne, et il nous suffira de citer, pour le moment, Saint-Basile-ie-Grand et Saint- Ambroise.

Dans une des épitres canoniques deSt-Basile àAmphiloque, on lit la règle suivante: c ceux qui, pour repousser V attaque des voleurs y se précipitent sur eux, s'ils sont laïques, sont privés de la communion, et s'ils sont clercs, sont dégradés; car il est écrit: tous ceux qui se serviront de l'épée, périront par l'épée. (1)

Cette règle contient la solution que nous cherchons.

Saint-Basile suppose qu'un voleur attaque une personne pour la dépouiller, et que cette

(1) Qui in latrones ex adverso feruntur, si sunt quidem laici,à boni communione arcentur ; si vero clerici, àgradu dijiciuntur. Quisquis enim, inquit, gladium accepit gladio peribit. avreTï^tovrea, — invadenti hostiliter occurrentes. — (Can. 59. Epit. 217, Can. IIÏ).

personne voulant défendre non seulement son corps ou sa vie, mais sa bourse ourses vêtements , a recours à la violence , et il décide que , dans ce cas j ceux qui font partie du clergé doivent être chassés de ses rangs^ et que ceux qui sont simplement laïques, doivent être privés de la communion , parce que tous ceux qui font appel à la violence périssent par la violence, et que, toute espèce de violence doit être bannie parmi les hoilimes, d'après la législation de Jésus* Christ.

Il importe de bien remarquer que Saint- Basile ne fait aucune exception en faveur des voleurs de nuit, ou des voleurs qui pillent avec des armes apparentes ou cachées, dans les maisons, ou hors des maisons.

Saint-Ambroise est un des anciens pères de rÉglise qui a laissé les commentaires les plus développés et les plus lumineux sur toutes les questions qui concernent la défense de soi-même et de ses biens, en général. '

Dans son commentaire sur Saint-Luc, il éclaircit d'abord une difficulté qui a dû se présenter, souvent, à l'esprit de ceux qui ont médité les textes de l'Évangile.

Saint- Luc rapporte que, la veille.de sa passion , Jésus - Christ dit à ses disciples : « Lorsque je vous ai envoyés sans bourse,

sans sac, el sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose? Et ils répondirent : de rien! Mais maintenant, leur dit-il, que celui qui a une bourse la prenne, et de même, celui qui a un sac: et que celui qui n'a point d'épée, vende sa robe, et en achète une ! Car je vous dis qu'il faut que cette parole, qui est écrite, soit accomplie en moi, savoir : il a été mis au rang des malfaiteurs ; et les choses qui ont été prédites de moi vont arriver. Et ils dirent : — Seigneur voici deux épées; mais il leur dit:— C'^^f assez! i> (1)

En lisant ces passages de Saint-Luc, on se demande pourquoi Jésus-Chrit ordonne à ses disciples de vendre leurs robes pour acheter des épéeSy s'il n'est pas permis d'avoir des armes pour se défendre? Saint-Àrobroise se posé lui-même celte question, et il y répond avec une justesse, dont il est impossible de ne pas être frappé.

« Seigneur, s'écrie-t-il, pourquoi, me commandez-vous d'acheter une épée, vous qui nous défendez de frapper? Pourquoi m'ordonnez-vous d'avoir ce que je ne pjiis pas tirer? Si ce n'est, peut-être , pour que la défense soit prête, et que la vengeance ne

(1) At ille dixit eis: satis est (St.-Luc XXII 35 et s.)

soit pas nécessaire, pour montrer qu'on a pu se venger, mais qu'on né Ta pas voulu?

Il est vrai que la loi de Moyse ne défend pas de frapper, et c'est peut-être la raison pour laquelle Jésus dit à Pierre, lorsqu'il lui montrait deux épées : c'est assez ! — comme s'il avait voulu dire qu'il était permis de frapper jusqu'à l'Evangile, (et non depuis), et nous apprendre que la loi réglait la justice, mais que l'Evangile exige la perfection de la bonté. Cela paraît injuste à plusieurs, et pourtant le Seigneur n'est pas injuste , lui qui , lorsqu'il pouvait se venger, a mieux aimé être immolé.» (1)

Saint-Ambroise se sert inexactement, ici, du mot : se venger, au lieu du mot : se défendre, mais son explication est trop claire pour nécessiter des développements. Il se rapproche de Saint- Augustin. Il permet de s'armer pour tenir les malfaiteurs en respect, mais non pour les tuer^ pour les blesser ou les frapper.

(1) Nisî forlé ut sit parata defensio , non ultio necessaria,et videatur potuisse vindicari, sed noluisse... quasi licuerit tisquè ad evangelium^ ut sit in lege sequitatis eruditio, in evangelio bonitatis perfectio. (Saint-Ambroise, liv. X, in Luc. cap. de Sacculo et perâ tollend.)

Après avoir éclairci celte difficulté , le savant docteur aborde la question de savoir s'il est permis, sous l'Evangile, dq repousser une injure, en général, par une injure , et voici comment il s'explique, sur ce premier point, dans son traité des devoirs :

— « Le premier devoir de la justice , dit-il, nous semble très mal établi par les philosophes. En effet, ils disent que la première preuve de la justice est de ne nuire à personne, à moins qu'on ne soit provoqué par quelque Jnjure : cela est repoussé par l'autorité de l'Evangile. L'écriture veut, en eflet, que nous ayons en nous l'esprit du iSls de l'homme qui est venu nous apprendre à faire grâce, non à faire injure, j (4)

Plus loin, il discute la question de savoir s'il est permis, sous l'Évangile, de sauver sa vie, par la mort d'autrui, et il s'exprime ainsi:

a 11 y en a qui demandent si un sage,

(1) ut nemini noceat, nid lacessitus injuriât

,quod evcmgelii auctoritate vacuatur, Vult enim scriptura ut sit in nobis spiritus filii hominis qui yenit conferre gratîam,non inferre iojuriam (Saint-Ambroise, de offîc. iiv. 1, ch. 28.)— in lege retributio est, in evangelio gratia. (Saint-Jérome, comm. sur Saint- Mathieu.)

qui a fait naufrage^peut arracher à un insensé, qui a fait naufrage comme lui, la planche sur laquelle il s'est placé. Quoiqu'il paraisse préférable, d'après l'opinion commune, que le sage plutôt que l'insensé échappe au naufrage, cependant, il me semble qu'un chrétieny un homme juste et sage^ ne doit pas chercher à conserver sa vie par la mx>rt d' autrui \ de manière que, lors même qu'il tomberait entre les mains d'un voleur armé (latronem armalum), si le voleur le frappe, il ne peut point repousser les coups par des coups, de peur qu'en défendant sa vie, il ne souille la charité. Nous en avons une preuve manifeste et évidente dans les livres de l'Évangile, où il est dit : <i Remets ton épée dans le fourreau, car celui qui frappe avec l'épée sera frappé par l'épée. » Quel voleur plus détestable que le persécuteur qui vient pour mettre à mort Jésus-Christ? Mais Jésus-Christ ne voulut pas qu'on le défendit en blessant le persécuteur, lui qui, par la blessure qu'il reçut, voulut sauver tout le monde. (1)

(1). . . .ferientem referire non possit. De quo in evangelii libris aperta et evidens sententia est.... quis latrodetestabilior qaam persecator quivenit ut christum occideret ? Sed noluit se chrîstus persecutorem defendi

vnlnere, qui voluit suo vulnere omnes sanare

(Saint-Âmbroise, liv. 3, eh. 4).

Ainsi, selon Saint- Ambroise , un chrétien ne doit jamais chercher à conserver sa vie par la mort d'autrui , - même quand sa vie serait très précieuse, et que la vie de celui qu'il faudrait tuer, pour échapper à la mort, n'aurait aucun prix. Pour lui cette opinion ne peut pas faire un doute, et il déclare que le sens de l'Évangile, sur ce point, est évident et manifeste (aperta et evidens). Il se sert, cette fois, de l'expression exacte, et dit que Jésus-Christ a mieux aimé mourir que de permettre qu'on le « défendit, » en blessant le persécuteur.

Jamais il n'a varié sur cette déclaration dç principes.

C'est ainsi qu'il s'est exprimé quand il a parlé des devoirs des prêtres, dans le même ouvrage dont nous venons de parler : c Que la devise du prêtre soit constamment de ne nuire à personne, même lorsqu'il est attaqué ou offensé par quelque injure. » (1)

C'est ainsi qu'il s'est encore exprimé, en parlant de lui - même dans son discours contre Auxence : « je pourrai me plaindre, dit-il, je pourrai pleurer, je pourrai gémir;

(1) ut nulli noceat, ne Lacessitus quidem^ et aliquà îojuriâ oifensus, (liv. 3, ch. 59).

contre ies armes, contre les soldats, et les Goths , mes pleurs sont mes armes , telles sont, en effet, les défenses des p(rêtres, je ne puis pas^ je ne dois pas résister autrement. » (1)

Essayons de résumer, en quelques mots, toutes les idées de Saînt-Ambroise sur cette matière.

Il est complètement d'accord avec Tertullien, Origène, Lactance, Saint-Basile, et Saint- Augustin lui même.

Il pense que Jésus-Christ a interdit de repousser par la violence non seulement ceux qui font du mal, mais encore ceux qui dépouillent.

Il croit qu'on peut prendre des armes pour les arrêter par la crainte, mais qu'on ne doit pas se servir de ces armes contr'eux, même quand il s'agirait d'éviter la mort, ou la perte de ses biens.

Dans son opinion, un chrétien ne peut jamais avoir le droit de nuire ou de faire une injure à personne, même lorsqu'il est attaqué, et lorsqu'il ne fait que se défendre.

(l}Coactus repugnaro non novi...adyersùs arma, mititesi gothos que, lacrymœ meœ arma sunt» Talia sunt enim munimenta sacerdotum. Aliter nec debeo, nec possum resîstere. (Orat. cont. Âuxen. S 82.)

En un mot, il n'admet la défense de soimême et de ses biens, sous TÉvangile, qu'à la condition de ne pas tuer^ de ne pas blesser, de ne pas frapper, de ne pas même injurier l'agresseur ou le voleur!

Ce sont là, — évidemment, — les véritables principes de l'Évangile.

Hais Jésus-Christ ne s'est pas borné à dire de-ne pas employer la violence contre ceux qui nous dépouillent : d'après le même Évangile de Saint-Luc, il a dit encore de ne pas redemander les biens qui nous sont enlevés.

Voici ces paroles :

c Donnez à tout homme qui vous demande, et si quelqu'un vous enlève des choses qui sont à vous, ne les redemandez pas. » (1)

Quoi donc?

Il ne suffira pas qu'un chrétien s'abstienne de tuer un voleur de nuit, dans sa propre maison/ ou un voleur de jour qui le dépouille avec violences; il faudra qu'il s'abstienne encore de redemander ce qu'on lui a volé ?

Il faudra qu'il voie le voleur s'emparer audacieusement de ce qui lui appartient, et qu'il se condamne à garder le silence?

(1) Omni auteai petenti te, tribue; et qui aufert qu» tua sunt» ne répétas. (Saint-Luc YL 30.)

— Ul —

11 manquera de vêtements et de nourriture, et il faudra qu'il supporte la faim et la nudité, sans rien dire?

Avant de protester, il faut entendre.

L'évangéliste Saint-Luc n'aurait pas écrit ces • paroles si Jésus-Christ ne les avait pas prononcées,et Jésus-Christneles aurait pas prononcées, si elles n'avaient pas été conformes à la justice: Il a donné assez de preuves d'tme sagesse surnaturelle pour qu'on puisse avoir confiance dans ce qu'il a dit.

Cette loi nous paraîtrait très juste, et nous pourrions l'appliquer contre les voleurs, si nous pouvions avoir une société complètement organisée suivant les principes de l'Evangile: c'est ce que le sauveur du monde nous a expliqué lui-même.

Ecoutons ses explications :

« Ne soyez point en souci, disant: que mangerons nous? que boirons nous? de quoi serons nous vêtus? car ce sont les païens qui disent ces choses, et votre père céleste sait que vous en avez besoin: mais cherchez, d'abordy le règne de Dieu, et sa justice, et toutes ces choses vou^ seront données par surcroit. » (1)

(1) SaiQi-Mathiea YI, 32, 33. .

— itë —

Méditons bien ces derniers mots, et nous comprendrons ce qui nous avait paru, d'abord^ impossible de comprendre.

Si la société dans laquelle nous vivons, pouvait être complètement organisée suivant les principes de FEvangile , personne ne manquerait du nécessaire: Tous ceux qui seraient en état de travailler, travailleraient; ceux qui seraient dans Tabondance, ne refuseraient pas de secourir les honnêtes gens qui sont dans le besoin ; et jamais un chrétien ne resterait dans le dénuement, lorsqu'il aurait été dépouillé par les voleurs.

C'est ainsi que ce texte a été compris par Saint-Jean-Ghrysostôme, et qu'il devait Têtre.

«Quoi donc? s'écrie-t-il , abandonnerai-je ma tunique, et irai-je tout nu par la ville ? T>

Et il répondait :

« Nous ne serions jamais nus> si nous étions fidèles à ces règles , et nous serions même {dus richement parés que ne le peuvent être toutes les personnes du monde: D'abord il ne se trouverait personne qui voulût nous offenser, si nous étions dans cette disposition, et, quand il se trouverait quelqu'un assez barbare et assez brutal pour nous traiter de la sorte, nous en trouverions une infinité d'autres qui , admirant notre vertu , nous

couvrivraient non seulement de leurs habits, mais de leurs corps même, s'il était pctssible. Ne regardons pas comme impossibles les commandements de Dieu, qui^ au contraire^ noits sont très utiles et très aisés, si nous veillons sur nous mêmes. » (1)

Sans doute, il n'est pas possible d'exiger , dans l'état de la civilisation actuelle , qu'une personne qui a été victime d'un vol ne redemande rien aux voleurs, même par les voies pacifiques et régulières. Mais ce que l'Evangile veut , et ce qu'il est possible d'exiger, c'est qu'elle ne redemande rien avec violences^ c'est à dire en tuant ceux qui sont venus pour la dépouiller.

C'est une conclusion pratique à laquelle on pourrait très bien arriver.

Mais, dira-t-on, l'Evrangile prend bien des précautions pour épargner les voleurs....

Nous ne jugeons pas l'Evangile: nous citons.

D'ailleurs, l'Evangile punit très sévèrement les voleurs, ainsi qu'on le verra, quand nous étudierons le droit pénaf: Il suffit de faire remarquer, quant à présent, que ce n'est pas à la personne dépouillée^ mais à la société qu'appartient le droit de punir.

(1) St-Cbrysost.homel. XVIII sur le eh. Vde St-Math.

'Tout ce que nous avons voulu prouver, daifs ce chapitre^ c'est que, — sous l'empire de la législation chrétienne» — il est interdit de repousser la violence par la violence pour la défense de ses biens, comme pour la défense de soi-même.

A cet égard, nous pouvons dire que notre preuve est complète.

Non seulement nous avons cité des textes formels qui interdisent de résister à ceux qui nous dépouillent, mais nous avons fait remarquer que s'il est interdit de tuer pour sauver sa propre vie, il doit être encore bien plus interdit de tuer pour sauver des choses fugitives et périssables, qu'un être pénétré du sentiment de son immortalité, devrait mépriser.

Jésus-Ghrist nous l'a dit lui-même :

¥i La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps n'est-il pas plus que le vêtement? » (1)

(1) NoQoe anima plus est quam esca,et corpus plus qùam vestimentum? (Saint-Hatih. VI. 25).

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