CHAPITRE I
Exposé prèllmiiiAlre.
Tandis que ce trafic de l'espèce humaine, confondue, quant au droit de propriété ^ avec tous les autres êtres de la création , se pratiquait sur toute la surface du globe, un événement considérable pour l'avenir de l'humanité, s'accomplissait au centre même de l'Europe , de l'Asie et de l'Afrique, il y a, environ, trois mille cinq cents ans.
Moïse, qui est né seize cents ans, environ, avant Jésus-Christ , et qui a précédé de plusieurs siècles Manou et Bouddha dansl'Inde, Zoroastre dans la Perse , Minos dans la Crète , Licurgue à Sparte , Confucius dans la Chine , Solon à Athènes , en un mot, tous les législateurs et les grands hommes de la Grèce, et par conséquent de Rome, dont l'origine est d'une date plus récente, — Moïse sortait de l'Egypte, à la tête de six cents mille captifs , non compris les femmes et les enfants , et se réfugiait dans les déserts de l'Arabie , pour fonder une nation nouvelle, sur le$ rivages de la mer intérieure, en face de cette Grèce et de cette Italie , qui devaient être , un jour, leg citadelles du paganisme.
Il avait à constituer un peuple supérieur aux autres peuples par l'organisation religieuse, civile et politique, et il avait compris que, pour lui faire accepter une civilisation plus élevée et plus forte , il fallait d'abord le dégager de ses souvenirs, l'arracher à des mœurs corrompues, le renouveler et le régénérer, long-temps, par la patience et par l'épreuve.
Il l'avait tenu, en conséquence, pendant quarante ans , dans le désert , seul , loin des autres peuples , perdu , pour ainsi dire , au milieu des horizons infinis et de l'immensité
d'une nature splendîde; et, après l'avoir ainsi assaini et purifié, il lui avait donné une législation complète, qui, sur certains points attei<r gnait k perfection absolue, et sur presque tous les autres dépassait en grandeur, en majesté et en sagesse, toutes les autres législations de l'univers.
C'est Pensemble de cette législation que nous désignerons sous le nom de droit hébraïque.
Elle se compose de cinq livres , la Genèse , l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome , qu'on désigne sous le nom de Pentaleuque.
Les autres livres , qui nous sont venus des Juifs et qui forment , avec ceux ci-dessus indiqués , ce qu'on appelle , en général , V Ancien TesiamerU, ne sont que des livres de philosophie ou de littérature sacrée.
Qs peuvent être , sans doute , consultés pour eonnaître le mouvement des idées qui s'est produit dans la société juive , depuis la promulgation de la loi de Moïse jusqu'à l'ai^ènemeiit ée JésuiS-ChrisI, mais ils n'ont pas le caractère d'une loi proprement dite , et ne contiennent aucune règle rigoureusement obligatoire.
Après ce court exposé , nous avons: à faire eonnaître comment le législateur des Hébreus fi'^st expliqué sur cette question du droit de propriété de l'homme sur l'homme.