‹ Le droit payen et le droit chrétienChapitre 13 sur 20 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Ktiit des progrès aceoiii|»liii t indlcatioii 4ra progrès qui restent à accomplir s ntoyen de les accomplir.

€ Ce que veut la société, a dit un écrivain, c'est le règne du Christ, l'accomplissement de sa parole, l'incarnation de sa doctrine dans les institutions et dans les lois, l'établissement, enfin, si longtemps attendu, de ce qu'il appelait le royaume de Dieu. » (1)

Aucun esprit éclairé ne saurait, selon nous, contester l'exactitude de cette observation.

L'idéal de la justice^ aux yeux de la société, étant la justice selon l'Évangile , il faut , de

(I) Méditations sur l'évangile de S^ Jean, par Lamenais.

toute nécessité, que le droit civil et criminel (le tous les peuples devienne graduellement et successivement la reproduction, aussi exacte que possible, de cet idéal : l'antagonisrre ne peut pas subsister éternellement entre les lois évangéliques et les lois positives.

Lorsque les apôtres quittèrent la Judée pour enseigner aux peuples de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique les dispositions de la loi de Moyse, complétées et perfectionnées par Jésus- Clnist, il y avait un désaccord profond, sur presque tous les points, entre la doctrine qu'ils enseignaient , et les lois des peuples qu'ils

visitaient.

C'est pour cela qu'ils furent d'abord regardés comme des insensés, et ensuite comme des

factieux.

Ainsi, le désaccord était complet entre la doctrine des apôtres et les lois des anciens peuples, lorsque ces lois permettaient aux princfes et aux chefs de famille de' réduire les hommes en esclavage; de les acheter, de les vendre et même de les tuer; d'en faire des eunuques; de couper leurs membres; de les marquer avec des fers chauds ; de les faire obéir à coups de bâton et à coups de fouet.

Ainsi encore, le désaccord était complet entre la doctrine des apôtres et les lois des anciens peuples, lorsque ces lois permettaient

aux maris de remplir leurs denjeures d'épouses légitimes et de concubines; de rompre leurs mariages , par un consentement mutuel , ou même de les rompre arbitrairement, en verlu de leur seule et unique volonté ; de soumettre leurs femmes et leurs enfans aux mêmes lois que celles qu'ils faisaient subir à leurs esclaves; de contraindre ces derniers à lutter les uns contre les autres, jusqu'à la mort, dans les combats du cirque ou dans les fêtes ; et de se faire tuer, ou de tuer eux mêmes leurs adversaires, dans des combats particuliers.

Aujourd'hui, — sur toits ces points, -^ ce désaccord a cessé : les principes de l'Évangile se sont incarnés, — selon l'expression de l'écrivain que nous venons de citer, — dans nos institutions et dans nos lois.

Après des luttes acharnées, et des résistances terribles , notre droit civil et criminel a fini par admettre l'inviolabité absolue de la liberté humaine ; il a même consacré l'inviolabilité de la vie et proscrit l'emploi de toutes les violences physiques, dans le sein de la famille ; il a proclamé l'unité absolue et l'indissolubilité du mariage ; enfin, il a hautement condamné tous les combats particuliers et tous les duels. (1)

(1) Voir nos précédentes études.

Cette harmonie qui existe, aujourd'hui, dans ces matièresy entre nos lois positives et nos lois religieuses, est une des plus grandes consolations qui puisse être accordée à ceux qui croient sincèrement en Dieu, et, qui — au milieu des épreuves de notre temps, — ne désespèrent pas de l'avenir de Thumanité.

Il reste, sans doute, beaucoup à faire pour que raccord s'établisse sur quelques autres points, mais, dès à présent, nous pouvons prévoir qu*il s'établira, et il suffit, pour s'en convaincre, de constater ce qui est arrivé pour le serment.

Occupons nous, d'abord, des serments pro« missoires.

Page 1