III
le discours de Démostliène contre Calliclès, on voit figurer un citoyen d'Athènes, condamné à mille drachmes d'amende pour avoir refoulé sur les terres de son voisin les eaux de la voie publique, en supprimant un canal destiné à leur écoulement (i). On sait qu'une protection spéciale était accordée à certains arbres, tels que l'olivier et le pin résineux, qui étaient une source de richesse pour le territoire généralement aride de l'Attique. Celui qui arrachait des oliviers devait payer au trésor cent drachmes par pied d'arbre. Un dixième de cette amende était dévolu à Minerve, et le coupable payait, en outre, à son accusateur cent drachmes par pied d'arbre. La loi permettait toutefois d'abattre deux oliviers par an sur le même domaine pour la construction d'un temple, pour des usages domestiques ou pour le service des sépultures (2). On voulait préserver ces arbres de la hache, parce que l'exportation de leurs fruits amenait à Athènes des sommes considérables.
Il ne faut pas confondre ces règles avec celles qui défendaient, d'une manière absolue, la destruction des oliviers consacrés à Minerve et des bocages voués aux héros éponymes. C'étaient des prescriptions religieuses
(1) C. Calliclès, 2, 17, — Platon, Lois, p. 843, 844, 845, Pour le déplacement de bornes, Platon abandonne le cliâtiment à la discrétion des juges. Pour l'empiétement sur le fonds voisin, il stipule la réparation du dommage et, en outre, une amende du double de ce dommage. Pour le détournement des eaux, il exige le payement du double du tort causé. Pour le maraudage de fruits, il commine une amende d'une mine, si c'est dans le champ des voisins, et des deux tiers d'une mine si c'est dans un tout autre champ, etc,
(2) Démosthène c. 3îacartatos, 71. Pour les pins résineux, voy. Lysias, Four un tronc d'olivier sacré, 24.