DES DELITS CONTRE LES MŒURS
§ V^. De V adultère.
Le séducteur, surpris en flagrant délit auprès d'une épouse légitime ou d'une concubine entretenue pour en avoir des enfants libres, pouvait être impunément mis à mort par le mari ou l'amant, à moins qu'il ne se fût réfugié au foyer qui servait d'autel (i). L'existence du flagrant délit (àpSpa h apOmc 'éywy) était requise; mais, contrairement aux règles consacrées par le droit moderne, l'époux outragé pouvait agir avec calme et réflexion. Ephilète, ayant surpris Eratostbène, lui lia les mains sur le dos , écouta ses supplications, rejeta
(1) Démosthène c. Aristocrate, 53, 55 ; c. Neœra, 65, 122. Lysias, Sur le meurtre d'Eratosthène, 4, 27-32. Xénophon, Siéron, III, 3. Lucien, Eunuque, 10; Double accusation, 19. PoUux, VIII, 40. Pausanias prétend que Dracon fut le premier qui permit de tuer l'adultère surpris en flagrant délit (IX, 36). Libanius (Déclam., XXXIII) émet la même opinion, tandis que Plutarque [Solon, XXIII) attribue à Solon la loi qui innocente ce meurtre. Eschine est du même avis (c. Timarque, 183). Comp. Sophocle, Ajacc, v. 1295-1297. Xénarque, chez Athénée, liv. XIII.