‹ Le droit pénal de la république athénienne [microform] précédé d'une étude sur le droit criminel de la Grèce légendaireChapitre 137 sur 203 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

venons de parler. Elle se présentait quand des citoyens faisaient adopter par un Athénien, ou attribuaient frauduleusement à celui-ci, des enfants d'étrangers ou d'esclaves. On agissait contre ces enfants, par la ypafh vTzo&ol-nç, et, au dire de l'auteur des hlzî; (j-/]-opiy.cf.l, ils étaient vendus au profit du trésor public (i). C'est encore un exemple de la facilité avec laquelle les grammairiens subatituaient à la réalité des choses les rêves de leur imagination. Le droit athénien nepermettaitpas ici d'imputer à des enfants innocents les délits commis par leurs pères (2). Si la fraude dont il s'agit était punissable, comme on peut le supposer à juste titre, le châtiment ne devait atteindre que les véritables délinquants. On pouvait vendre l'enfant esclave; mais l'enfant libre ne pouvait être dépouillé de ses droits, parce qu'il avait plu à d'autres de se servir de sa personne pour commettre un acte frauduleux.

§ 2. Des mariages entre Athéniens et étrangers.

Un autre genre d'usurpation du droit de cité pouvait résulter de mariages contractés par des hommes ou des femmes d'Athènes avec des personnes appartenant à une nationalité étrangère.

L'Athénien qui épousait une étrangère, en attribuant faussement à celle-ci la qualité de citoyenne, pouvait nuire à la république sous un double rapport. D'une

(1) Bekker, Anecdota grœca, t. I, p. 311.

(2) Voy. ci-dessus, p. 329.

part, il imposait à la cité de Minerve des enfants qui, d'après la loi nationale, ne possédaient pas Tindigénat ; de l'autre, quand il parvenait à certaines dignités, l'intervention obligée de sa femme dans les cérémonies du culte pouvait amener la perpétration d'un sacrilège.

Un remarquable exemple de ce dernier inconvénient nous a été transmis par un discours attribué à Démostbène.

Théogène avait épousé Pliano, fille d'une courtisane étrangère, qu'il croyait Athénienne. Quand il fut devenu archonte-roi, sa femme, en qualité d'épouse du successeur religieux de la royauté, avait pris une part active au culte secret de Bacchus. Il en était résulté un grand scandale, et Démosthène, parlant dans une cause célèbre, s'écria devant les juges : «...Voilà la femme qui « a offert des sacrifices secrets pour vous, pour votre « patrie! Ce que l'œil d'une étrangère ne peut voir « sans crime, elle l'a vu! Le sanctuaire impénétrable, « qui ne s'ouvre que devant l'épouse de l'archonte-roi, « une Phano l'a foulé de ses pas ! Femmes vénérables « vouées au culte de Bacchus, c'est entre ses mains « impures que vous avez prêté serment ! Fils de Sémélé, « voilà celle qui t'a été donnée pour épouse ! Athènes, « voilà la prêtresse qui a imploré pour toi les dieux et « célébré les saints mystères transmis par nos ancê- « très (i) ! w

On conçoit dès lors que le législateur criminel ait frappé de peines rigoureuses la célébration des mariages prohibés parle droit national.

(l) Démosthène ciVecera, 73.

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