CHAPITRE IX
§ 3. De la violation des devoirs i?nposés aux tnéièqiies.
Parmi les obligations imposées aux étrangers domiciliés, il en est deux dont i'inaccomplissement était sévèrement réprimé par la loi pénale. Ils devaient payer un impôt spécial {p.z-oiy.iov) et se choisir un patron (7:poa-rar/]ç) parmi les citoyens d'Athènes.
Harpocration, invoquant l'autorité d'Eubule etd'Isée, dit que chaque métèque payait douze drachmes par an (i). S'ils n'acquittaient pas cette taxe, ils étaient conduits au marché des étrangers (7rw/y;-y;ptov zoï» jj.z-oivlo'S) et vendus comme esclaves (2). Le philosophe Xénocrate, malgré ses lumières et ses vertus , subit ce triste sort (3).
Le patron que les métèques étaient obligés de se choisir remplissait un rôle très-important. Il veillait sur les intérêts publics et privés de l'étranger placé sous sa protection; il l'assistait dans les actions judiciaires que celui-ci avait à diriger contre des Athéniens; il l'empêchait de s'emparer de droits qui lui étaient interdits par la constitution nationale; il payait, en son nom, le tribut annuel exigé par la loi. Le choix d'un patron était ainsi réclamé par l'intérêt public, aussi bien que par l'intérêt privé du m.étèque, puisque, dans
(1) Les femmes isolées ne payaient que la moitié. Harpocration, vo p.=Tot/.Lov. Plutarque, Phocion, XXIX. Vie des dix orateurs ^ Lycurgue, 16.
(2) Démosthène e. Aristogitoyi,!, 57. Harpocration, toc. cit. Polluï, III, 56; yill, 99. Suidas, v° à77poTT«7to'j. Photius, v° y.sroî.x.îou.
(3) Diogène de Laërte, IV, 2.
un pays où les étrangers abondaient, c'était le moyen le plus efficace de prévenir l'usurpation du droit de cité. Il en résultait que, si le métèque négligeait de se choisir un patron, tout citoyen pouvait diriger contre lui la ypatp-/) âTcpocracTLov. La peine qu'on lui infligeait n'est pas bien déterminée; mais les grammairiens mettent ordinairement sur la même ligne l'absence du patron et le non-payement du ^j-zzoUiov (i). Suidas et Photius affirment que les biens du métèque étaient confisqués et leur prix versé au trésor public par les polètes (2).
Il est regrettable que, pour l'étude de cette importante matière, nous n'ayons d'autres sources qu'un petit nombre de textes épars, commentés par des grammairiens peu savants et, surtout, dépourvus dénotions juridiques.
(1) Suidas, v" âirpoazy.dlov Siv-'o. Harpocration, v° «TrjSoa-Ta.a-tou. Bekker, Anecdota grœca, 1. 1, p. 201, 298, 434, 440. Pollux, III, 56. Hesychius, v's àTrpocrTacrtou, T^pocTarat et TroocraTOu.
(2) -Suidas et Photius, vo 7rw),i3Tat.