BASES ET EXERCICE DU DROIT DE PUNIR
Assise sur les bases larges et fermes que Solon lui avait assignées, la législation pénale était à jamais débarrassée du vieux droit coutumier de la terre de Cécrops. Les formules mystérieuses auxquelles se rattachaient les noms mythiques de Triptolème et de Thésée étaient irrévocablement condamnées à l'oubli. Mais le même sort n'atteignit pas les idées et les sentiments plusieurs fois séculaires qui avaient jeté de profondes racines dans l'esprit et le cœur du peuple. Ces idées et ces sentiments survécurent à toutes les réformes législatives, comme à toutes les révolutions politiques. Les mœurs judiciaires du siècle de Périclès portent encore l'empreinte indéniable des croyances et des traditions de la Grèce légendaire.
Le caractère religieux de la justice répressive s'est aifaibli, mais il n'a pas disparu. Les dieux de l'Olympe ne parcourent plus la terré, cachés sous d'humbles déguisements, pour entendre les plaintes et recueillir les imprécations des victimes du crime ; mais la surveil-