‹ Le droit pénal de la république athénienne [microform] précédé d'une étude sur le droit criminel de la Grèce légendaireChapitre 164 sur 203 · DÉLITS RELATIFS AUX INTERETS COMMERCIAUX ET INDUSTRIELS · texte numérisé non relu

DÉLITS RELATIFS AUX INTERETS COMMERCIAUX ET INDUSTRIELS

§ P'". De la violation des lois relatives au commerce

et à V industrie,

L'Attique étant peu propre à la culture des céréales, le législateur avait cru devoir suppléer à cette disette par une réglementation sévère du commerce des céréales. Il était parti de l'idée que l'Attique, plus que tout autre État, avait besoin d'importations considérables (i).

L'exportation des céréales . était sévèrement interdite (2), et la peine de mort frappait tout Athénien qui transportait du blé ailleurs qu'à Athènes (h). La même peine atteignait tout habitant du pays, citoyen ou métèque, qui détournait de sa destination une cargaison de céréales dirigée vers l'Attique (4). Les étrangers mêmes qui importaient des céréales étaient, à certains

(1) Démosthène, Sur la couronne, 87.

(2) Ulpien, swr le discours de Démosthènec. Timocrate, p. 822.

(3) Démosthéne c. Phormion, 37. Comp. Lycurgue c. Léocrate, 27. (4; Démosthéne c. Dionysodore, 10, 11.

égards, obligés de se conformer à cette législation rigoureuse. Les deux tiers des blés qu'ils apportaient sur l'emporium du Pirée devaient être transportés dans la ville. Un tiers seulement pouvait être réexporté (i); mais, par contre, on punissait avec la dernière rigueur les marchands indigènes qui se coalisaient pour frustrer les navigateurs de leurs bénéfices légitimes (2).

D'autres mesures minutieuses avaient été prises contre l'accaparement des denrées de première nécessité. Aucun habitant du pays, citoyen ou métèque, ne pouvait vendre son blé ailleurs que sur le marché du pays, et ceux qui bravaient cette défense pouvaient, au dire de Lycurgue, être condamnés au dernier supplice, tandis que leur dénonciateur obtenait la moitié des marchandises confisquées (3). Nul ne pouvait, toujours sous peiue de mort, acheter à la fois plus de cinquante charges ((pop/7.ot) de blé (4). Tout marchand qui demandait par médimne une obole au delà de ce qu'il avait lui-même payé, s'exposait à la redoutable accusation de vouloir affamer le peuple (5). Des inspecteurs spéciaux ((7trocp-jXa-/.£ç) étaient chargés de contenir les accapareurs, et, s'ils se montraient négligents dans l'accom-

(1) Harpocration et Suidas, v° l7rtpL£>.v5rô; lp.7ropîou.

(2) Lj'sias c. les commerçants de blé, 21, 22. Démoathéae c. Apaturios, I.

(3) Lycurgue c. Léocrate, 27. Démostliène c. Lacritos, 50 ; c. Phormion, 37 ; c. Théocrinès, 13.

(4) Lysias c. les commerçants de blé, 5 et suîv., 13, 18. On n'est pas entièrement d'accord sur la contenance du phormos. Il est probable qu'il ne différait pas beaucoup du médimne.

(5) Lysias, ibid., 8, 13 et suiv.

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