ANIMAUX
§ V^. De la violation des lois protectrices des animaiicc.
Nous ne possédons que des renseignements trèsvagues sur les peines qui réprimaient les mauvais traitements exercés envers les animaux. Quelques faits isolés, et dont la vérité historique est plus ou moins discutable, sont les seuls matériaux restés à notre disposition.
Elien prétend qu'il existait à Athènes une loi religieusement observée, qui portait : « N'immolez point « le bœuf accoutumé au joug, soit pour la charrue, soit « pour le chariot, parce que cet animal, en servant à « la culture de la terre, partage les travaux des « hommes (i). » Solon avait défendu d'immoler des
(1) Histoires diverses, V, 14. — Xénocrate, cité par Porphyre {de l'Abstinence, liv. IV, c. 22) prétendait que la législation primitive de l'Attique défendait, d'une manière absolue, de tuer les animaux pour se nourrir de leur chair.
Quant à la défense de tuerie bœuf employé aux travaux des champs, elle est conforme à toutes les traditions de l'antiquité. Voy. Varron, de l'Agriculture, II, 5. Columelle, VI, préf.
bœufs aux funérailles, et nous pouvons supposer que ceux qui bravaient cette défense s'exposaient à une accassation d'impiété comme violateurs des rites religieux (i). Helladius raconte qu'un aréopagite fut. condamné à mort par ses collègues, parce qu'il avait tué, pendant qu'il se trouvait en séance, un moineau qui, poursuivi par un épervier, était venu se réfugier dans son sein (2). Plutarque rapporte que les Athéniens punirent, par un jugement sévère, un citoyen coupable d'avoir écorché vif un bélier (3). Athénée dit, d'après Androtion, qu'une ancienne loi défendait de tuer la brebis qui n'avait pas agnelé (4) ; mais, déjà sous Solon, ce règlement et d'autres de même nature étaient tombés en désuétude.
Plutarque, recherchant le motif de ces dispositions, a cru le découvrir dans la pensée que la douceur envers les animaux est un apprentissage de la douceur envers les hommes (5).
§ 2. Des dommages causés par les animaux.
D'après les lois des Hébreux, le taureau qui frappait de ses cornes un homme ou une femme, et qui les tuait, devait être lapidé (e).
(1) Plutarque, Solon, XXI.
(2) Bibliothèque dePhotius, p. 1591; édit. d'André Scot, 1611.
(3) Sur Vusage des viandes, 1, 7.
(4) Athénée, IX, 375.
^5) Caton le Majeur, V.
(6) Exode, XXXI, 28-32. Voy. mes Études sur l'histoire du droit criminel des peuples anciens, t. II, p. 197.