‹ Le droit pénal de la république athénienne [microform] précédé d'une étude sur le droit criminel de la Grèce légendaireChapitre 37 sur 203 · EXECUTION DES PEINES · texte numérisé non relu

EXECUTION DES PEINES

Quand il s'agissait d'un jugement intervenu à la suite d'une action publique, l'exécution des peines se faisait naturellement avec le concours et sous le contrôle des représentants de l'Etat.

On sait déjà que l'exécution ne tardait pas à suivre la condamnation capitale. Le président du tribunal faisait connaître le jugement au collège des Onze, et ceux-ci chargeaient le bourreau de procéder au supplice (i). Si l'accusé était resté en liberté jusqu'au jour des débats, le président, en attendant l'arrivée des agents des Onze (Tr^cpao-rarai, vr-ri^krai), le faisait garder par les esclaves publics qui remplissaient les fonctions de soldats de police {2). Quelques auteurs font allusion

(1) Voy. ci-dessus, p. 95.

(2) Tel fut le cas de Socrate (Platon, Apologie, p. 39 E, 40 B, 42 A). Il adressa un discours aux juges en attendant l'arrivée des agents des Onze.

Pour les soldats de police, ordinairement désignés sous le nom de Scliytes, à cause de l'origine du plus grand nombre, voy. Schoemann, GriecMsche Alterthumer, t. I, p. 272. Berlin, 1871.

à des cas où les ardiontes thesmothètes étaient chargés de veiller à l'exécution des condamnés; mais rien ne prouve que, dans ces hypothèses, les thesmothètes n'eussent pas besoin de recourir à l'intermédiaire des Onze (i).

C'était encore par l'intermédiaire des Onze que s'exécutait la peine d'emprisonnement. Ils incarcéraient ceux que leur livraient les juges, et ils étaient responsables de la fuite des condamnés, quand ils n'avaient pas pris toutes les précautions nécessaires (2).

Le mode d'exécution de la peine d'exil était trèssimple. Le jugement accordait au condamné un certain délai pour quitter le sol de la patrie. S'il était trouvé sur le territoire national après l'expiration de ce terme, il était mis à mort. Il subissait le même sort si, après s'être éloigné, il avait l'audace de repasser la frontière (3).

La vente comme esclave était effectuée avec la même rapidité. Pendant que le condamné était conduit ou ramené en prison, le président du tribunal portait la sentence à la connaissance des polètes {itail-riral) , et ceux-ci faisaient opérer la vente au bénéfice du trésor de la république (4),

Les formalités usitées pour la constatation authen-

(1) Démosthène c. Aristocrate, 31. Lycurgue, c. Léocrate, 121.

(2) Voy. Perrot, Droit public des Athéniens, p. 272 et suiv. Schoemann, Op. cit., t. I, p. 439. Ulrich, Ueber die Eilfmànner, p. 231. Comp. Démosthène c. Timocrate, 105, 113.

(3) Voy. ci-dessus, p. 101.

(4) Harpocration, v'^ 7r&))>;3Taî. et fiSTor/tov. Suidas, v" TTM^vjrat et 77uV/jT«;. Photius, -ço 7r&)).ï7T(zl. Pollux, VIII, 99.

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