‹ Le droit pénal de la république athénienne [microform] précédé d'une étude sur le droit criminel de la Grèce légendaireChapitre 47 sur 203 · DÉLITS CONTRE LA RELIGION NATIONALE · texte numérisé non relu

DÉLITS CONTRE LA RELIGION NATIONALE

§ l. De Vimpiété.

Issues de la même source, glorifiées par les mêmes traditions, unies par d'innombrables liens, la religion et la patrie formaient à Athènes, comme nous l'avons déjà dit, un tout indivisible. De même que celui qui trahissait ou abandonnait l'Etat commettait un sacrilège (i), de même celui qui outrageait les dieux du pays se rendait coupable d'un crime de lèse-nation. Pas un philosophe, quelles que fussent la vigueur et l'élévation de son génie, n'avait entrevu, même de loin, la séparation moderne du gouvernement et du sacerdoce.

Il n'y a donc pas lieu de s'étonner de la fréquence et du caractère redoutable de l'accusation d'impiété [y^afh àc-scEÎa;) dans la ville d'Athènes. L'impie outrageait à la fois les dieux et la patrie. Le ciel et la terre criaient vengeance, et tout accusateur habile avait soin dé faire directement intervenir les divinités de l'Olympe. Andocide ayant profané les mystères d'Eleusis, Lysias di-

(1) Voy. le § 1er du chap. le^

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