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ne serait pas plus scrupuleux quand il s'agirait de porter préjudice à des intérêts publics.
La corruption était réputée un crime plus grave que la malversation, parce que celle-cine cause qu'un dommage passager, tandis que celle-là peut produire un dommage durable, en amenant l'altération des lois et des principes fondamentaux de la constitution politique (i). Elle était, au dire de Dinarque, le plus préjudiciable des méfaits (2). Les Athéniens l'avaient tellement en horreur qu'ils la flétrissaient même chez les étrangers. Arthmios de Zélia fut déclaré infâme et ennemi du peuple athénien, lui et toute sa race, pour avoir importé chez les Hellènes l'or des Barbares. Un décret du peuple ordonna que cette sentence fût gravée sur une colonne, placée dans l'enceinte sacrée de l'Acropole, à côté de la grande Minerve d'airain, monument glorieux de la défaite des envahisseurs de la Grèce. « Alors, s'écria Démosthène, la justice était « chose si sainte, la punition d'un tel crime si impor- « tante, qu'on crut devoir placer ensemble et la statue « de la déesse, gage de notre valeur, et la sentence « prononcée contre le coupable (3). »
(1) Démosthène, Procès de Vambassade, 261.
(2) Lysias c. Nicomaque, 25.
(3) Démosthène c. --Irwïogrîïon, 7 ; Procès de l'ambassade, 261. narque c. Aristogiton, 24. Eschinec. Ctésiphon, 259.
§ 2. Des fonctionnaires qui ne rendaient pas compte de leur administration. ■ — Peines attachées à la mauvaise gestion des affaires .
Tout fonctionnaire d'Athènes était strictement obligé de rendre un compte détaillé de son administration, soit à l'assemblée du peuple, soit au tribunal des Légistes (i). « Dans cette ancienne et puissante cité, dit « Escliine, nul n'est irresponsable parmi ceux qui tou- « chent, n'importe comment, à la chose publique... « Les prêtres et les prêtresses elles-mêmes, qui reçoi- « vpnt des dons pour implorer la faveur des dieux sur « Athènes, sont obligés de rendre compte (2). » Il en résultait que des fonctionnaires sortant de charge étaient souvent renvoyés devant les tribunaux, pour j répondre des négligences, des maladresses, des abus de pouvoir ou des malversations dont ils s'étaient rendus coupables.
On conçoit dès lors que ceux dont la gestion avait laissé à désirer ne se hâtaient pas toujours de remplir l'obligation que la loi leur imposait. Ils avaient même recours à des démarches irrégulières, à des manœuvres coupables, pour éluder les prescriptions impérieuses du législateur. Démosthène adressait ce re-
(Ij Démosthène, Discours sur la Chersonèse, 47. Discours c. Aleibiade attribué à Andocide, 31. Les membres de l'Aréopage étaient euxmêmes soumis a cette obligation (Eschine c. Ctésiphon, 18 et suiv.). Vo}'. G. Perrot, Droit public des Athéniens, p. 88-9:2.
C^) C. Ctésiphon, 17-18.