‹ Le droit pénal de la république athénienne [microform] précédé d'une étude sur le droit criminel de la Grèce légendaireChapitre 84 sur 203 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

cherchait un refuge, redoutant la souillure de son contact, le rejetaient avec dégoût de leur enceinte. Un honnête homme , dit Démosthène , n'ose pas même nommer ce forfait (i).

La tentative de meurtre était punie du bannissement et de la confiscation des biens (2), mais la loi se montrait très-sévère à l'égard des complices. Ceux qui avaient facilité la perpétration du crime , et surtout ceux qui en étaient la cause par leurs provocations, subissaient le même châtiment que les auteurs principaux (3). Enfin, par uue disposition empruntée à la législation de l'Egypte, le meurtre d'un esclave était puni à l'égal du meurtre d'un homme libre (4).

Telles étaient, dans leurs parties essentielles, les lois d'Athènes sur la répression de l'homicide volontaire. Elles offraient un caractère religieux, en ce sens que le châtiment du meurtrier était réputé nécessaire pour apaiser les dieux et purifier la terre qui avait bu le sang de l'homme. Depuis Dracon jusqu'à la chute de l'indépendance de la cité, elles furent conservées sans altération. « De l'aveu de tous, dit Andocide, elles sont

(1) Démosthène c. Timocrate, ibid.

(2) Andocide, Tétralogie, III, 2, 5. Voy. ci-aprés le § 8.

(3) Voy. ci-dessus, p, 74. — Il paraît cependant que les juges, probablement en vertu d'un texte qui ne nous est pas parvenu, s'écartaient parfois de la rigueur de cette régie.. On voit dans le discours de Démosthène contre Conon, 25, que le père d'une prétresse de Diane fut condamné au bannissement, pour avoir excité le meurtrier à frapper la victime.

(4) Antiphon , Sur le meurtre d'Hérode, 48. Lycurgue c. Léocrate, 65. Comp. Démosthène c. Aristocrate, 28, 51. Platon, Lois, p. 872 0.

« les meilleures et les plus saintes des lois d'Athènes. « Quoiqu'elles soient les plus anciennes, leur texte n'a « jamais subi d'altération. Quel plus bel éloge pour- « rait-on leur décerner? Elles ont triomphé du temps « et de l'expérience qui éclairent les hommes et leur « font apercevoir les vices des institutions, t On sait que la dégradation civique menaçait celui qui oserait proposer leur abrogation (i).

§ 2. De V empoisonnement.

L'empoisonnement pouvait être l'objet d'une action spéciale (ypacprj (papy.ay.wy), soumise, comme l'accusation de meurtre, au jugement de l'aréopage (2). Le crime était réputé consommé, alors même que les substances vénéneuses n'avaient pas immédiatement produit le décès de la victime; il suffisait qu'elles eussent occasionné une maladie mortelle (3).

La peine de l'empoisonnement prémédité était la mort. Elien parle d'une femme enceinte condamnée par l'aréopage , et dont l'exécution fut retardée jusqu'après sa délivrance (4). Antiphon fait mention d'une

(1) Antiphon, Sur le meurtre d'Eérode, 14. Voy. ci-dessus, p. 108.

(2) Pollux, VIII, 40, 117. Démostliéne c. Aristocrate, 22. Bekker, Anecdota grœca, 1. 1, p. 311. Lucien, les Amours, 29.

(3) Argument grec, en tète du discours d'Andocide contre sa bellemère,

(4j Eistoires diverses, V, 18. Pour le cas de Théoris de Lemnos, voy, ci dessus, p. 191.

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