CHAPITRE vr
avait ainsi causé un préjudice au demandeur (i). Parmenon en fit autant contre Apaturios, qui l'avait empêché de faire un lucratif voyage de mer (2). Le Pseudo- Plutarque nous apprend que Dinarque, étant allé demeurer chez son ami Proxène, intenta une di-/.r, (3Aaê/]; à son hôte, parce que, par la faute de ce dernier, on' lui avait dérobé de grandes valeurs (3).
Mais, d'après la règle posée ci- dessus à l'égard des contrats, on ne saurait voir une dix'/i pXaSyjç, ni dans l'action que le créancier Chrysippe intenta à son débiteur Phormion (4), ni dans les réclamations que Darius et Pamphile firent valoir contre les négociants Dionysodore et Parmeniskos, pour se faire remettre le capital et les intérêts d'un prêt à la grosse aventure (5). Dans l'un et dans l'autre cas, il ne s'agit que de l'exécution d'une convention librement conclue par les plaideurs.
Les suites de la ^tV/j (SAaSyiç sont clairement indiquées dans le discours de Démosthène contre Midias. « Nos « lois qui concernent les lésions, dit-il, ordonnent
(1) Démosthène c. Timothée, 19, 20. Comp. Platon, Lois, XI, p. 937, E.
(2) Démosthène c. Apaturios, 13, et Argument.
(3) Vie des dix orateurs, Dinarque, 7. Harpocration, v° âp-^ypoOri^ïi. On trouve d'autres exemples dans les discours de Démosthène
c. Aphobus, 16 ; c. Callippe, 14 et suiv. ; c. Bœotos, pour usurpation de nom.
(4) Démosthène c. Phormion, 20. Voy. la note suivante.
(5) Démosthène c. Bionysodore, Argum. et §§ 26 et suiv., 44 et suiv. Meier et Schoemann se trompent (p. 187) en rangeant cette poursuite parmi les (îtxat (S^âêijç. Il s'agit purement et simplement de l'exécution d'un contrat qui, en cas d'inexécution, stipulait le double à titre de dommages-intérêts. Voy. le § 38.